[Star chaos de 2023] Eartheater, alias Alexandra Drewchin

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L’esprit derrière Eartheater s’intitule Alexandra Drewchin, artiste basée dans le Queens, connue pour ses productions brutes qu’elle surplombe de sa gamme vocale touchant trois octaves.

Autodidacte, elle a passé les treize dernières années à composer des chansons défiant toute catégorie et est aujourd’hui une référence incontournable de la scène avant-gardiste. Sa musique se situe quelque part entre la pop féérique, la folk éthérée et la noise gutturale. Son imagerie convoque des fantasmes extrêmes et séduisants, n’ayant pas peur de dévoiler sa plastique généreuse, tout en arborant cornes et ailes démoniaques, tandis que des étincelles lui chatouillent régulièrement les fesses (cf la pochette de Phoenix: Flames Are Dew Upon My Skin). Eartheater est devenue la muse de créateurs tels que Casey Cadwallader, directeur artistique de Mugler, et Shayne Oliver, fondateur de Hood By Air.

Elle grandit au milieu de nulle part en Pennsylvanie avec un père russe et une mère anglaise qui se sont rencontrés à New York. Deux atmosphères très polarisées : avec d’un côté les animaux de la forêt de maman et de l’autre la ville quand elle voit son père, qui s’est tiré. Sa mère orthodoxe hardcore opte pour l’école à la maison et sa seule forme de socialisation se résumera aux allers-retours direction le monastère jusqu’à son arrivée en seconde. De cette éducation, elle garde un souvenir un peu bizarre. On lui apprend le violon dès ses trois ans, mais dyslexique, elle a du mal à déchiffrer les partitions et doit mobiliser sa jeune volonté pour mettre un terme à ces leçons. Tout comme plus tard, elle abandonnera le lycée pour partir à New York et mettre en forme le rêve.

La mixtape originelle, Trinity, naît de ses rencontres faites là-bas, qui la dégonde et avec qui les afters d’afters s’avèrent productives. Contrairement à la majorité des popeuses entourées de leur cinquantaine de spécialistes du tube, Alexandra pense et orchestre tout comme une grande avant d’impliquer des collaborateurs et laisser l’alchimie s’occuper du reste. C’est en 2020 qu’Alexandra atteint l’apogée de son trip introspectif, en pondant Phoenix: Flames Are Dew Upon My Skin, entièrement composé, produit et arrangé par elle-même. Il s’agit du premier album qu’elle enregistre hors de sa chambre. Celui-ci voit le jour à Saragosse en Espagne, durant une résidence d’artiste de dix semaines où elle développe la majeure partie des compos au cœur d’une serre isolée, s’abandonnant aux harmoniques de sa guitare et aux échos électriques. Une combinaison qui fait à nouveau mouche cette année avec Powders, son dernier en date, qu’il serait difficile de décortiquer ici, mais dont on doit mentionner la reprise de Chop Suey de System of a Down – et plus d’un ex-skateur en mouillera son caleçon.

Pour elle, le son est un élément essentiel de la communication en général et elle envisage Eartheater en tant que vision totale, la musique, mais aussi les visuels et donc bien sûr la mode. La synesthésie est la clé de voûte de la réussite de ses projets où, en exploratrice risque-tout, elle fraye sans peur entre l’électro ambiant, les rythmiques trap, la noise et les chants hymniques. De même, sans lister l’ensemble de ses audaces esthétiques, on se doit d’évoquer le vixen nun flick de Faith Consumming Hope tourné en Ukraine, et son sex appeal de perso d’MMORPG dans Pure Smile Snake Venom.

Toujours cinq trains en avance, Eartheater a du nez et on se demande où elle nous conduira bientôt. Reste qu’en 2023, Eartheater a dévoré le monde, and we liked it. GDD.

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