Qui dit samedi soir, dit culture club. Voici trois morceaux chaos à redécouvrir pour mettre la fièvre.
Whigfield – Saturday Night (1994)
C’est l’un des titres incontournables de la dance music des années 1990. Derrière ce nom de scène se cache Sannie Charlotte Carlson, une chanteuse danoise qui « incarne » ce morceau produit dans la mouvance de l’eurodance. L’histoire de Saturday Night remonte toutefois à 1991, lorsque les premières maquettes sont réalisées en Italie. À cette époque, Sannie Carlson vit entre Milan et Bologne, où elle travaille comme mannequin et fait la promotion de soirées dans des clubs. C’est dans ce milieu nocturne qu’elle rencontre le DJ et producteur Davide Riva, qui lui propose de participer à des projets musicaux. Elle fait alors la connaissance du producteur Alfredo « Larry » Pignagnoli, avec lequel Riva travaille à la composition du morceau. Initialement lancé en Italie en 1992, le titre connaît progressivement un succès grandissant, notamment en Espagne, avant de conquérir l’Europe entière. L’un des éléments les plus reconnaissables du titre, son fameux Dee dee na na na provient d’une prise imparfaite réalisée pendant les essais en studio. Séduit par cette sonorité spontanée et accrocheuse, Pignagnoli décide de la conserver et d’en faire l’accroche emblématique du morceau. Facile à mémoriser et à reproduire, la chanson réalise un véritable exploit au Royaume-Uni en entrant directement à la première place des ventes, faisant de Whigfield la première artiste de l’histoire à atteindre cette position avec un premier single. Le titre détrône alors Love Is All Around de Wet Wet Wet, qui occupait le sommet du classement depuis quinze semaines, et conserve la première place pendant quatre semaines consécutives. Cette entrée fracassante s’accompagne de ventes particulièrement impressionnantes, avec environ 159.000 exemplaires écoulés dès la première semaine britannique. Il rencontre également un immense succès en Allemagne, en Espagne, en Irlande, en Italie, en Suisse et chez nous, où il atteint notamment la première place du classement français en décembre 1994, confirmant son statut de tube international.
Pépé Bradock – Deep Burnt (1999)
Nous voici dans la deep house française, en plein boom de la French Touch. Derrière ce pseudonyme se cache Julien Auger, musicien parisien ayant d’abord évolué dans des formations teintées de jazz et de funk, avant de se passionner pour le hip-hop et les musiques électroniques. Publié en 1999 sur le label français KIF Recordings, sous le nom de Pépé Bradock & The Grand Brûlé’s Choir, le morceau figure sur le maxi Burning, dont il occupe la face B. Long de plus de onze minutes, il va progressivement s’imposer comme un classique des clubs, porté par une atmosphère mélancolique, une construction hypnotique et une richesse musicale qui le distinguent des productions house de son époque. À contre-courant des tubes immédiatement accessibles, Deep Burnt ne cherche pas l’efficacité facile et prend le temps de développer son univers comme de laisser sa mélodie s’installer. La magie du morceau repose notamment sur un remarquable travail de sampling. Pépé Bradock construit sa composition autour d’un extrait de Little Sunflower, morceau du trompettiste de jazz américain Freddie Hubbard, enregistré en 1967 et publié sur l’album Backlash en 1968. Il en isole une phrase mélodique de cordes qui devient le véritable fil conducteur de Deep Burnt. Il puise également dans Driva Man, extrait de l’album We Insist! Max Roach’s Freedom Now Suite de Max Roach, paru en 1960, pour récupérer le son caractéristique de son tambourin. À ces fragments de jazz, il ajoute une rythmique house sobre, des accords de piano électrique, des touches de clavinet et des nappes synthétiques. Le résultat est un assemblage d’une grande subtilité, dans lequel des éléments musicaux issus de différentes époques sont transformés en une composition totalement nouvelle. Sa popularité dépasse rapidement les frontières françaises et touche aussi bien les scènes deep house de Chicago que les clubs européens. Avec le temps, les exemplaires du maxi original deviennent particulièrement recherchés par les collectionneurs de vinyles, contribuant à entretenir la légende de cette production.
Lacquer – Behind (2003)
Imaginez un mélange entre l’électro française, la house et la pop au synthé et vous obtenez ce drôle de morceau sorti au début des années 2000. Derrière ce pseudonyme se cache Stéphane Jounot, musicien et producteur français qui développe un univers musical nourri par les sonorités électroniques des années 1980, notamment celles de Depeche Mode et New Order. Après avoir composé plusieurs instrumentaux, il rencontre presque par hasard le label BMG en 2002, grâce à une maquette présentée à un ami. Le label se montre intéressé, mais souhaite des morceaux chantés plutôt que de simples compositions électroniques. Stéphane Jounot écrit alors Behind et X dans la foulée, deux titres qui vont poser les bases de son projet Lacquer. Paru à la fin de l’année 2002, Behind constitue son premier single, publié chez BMG France, avant de bénéficier de différentes éditions internationales. Il se distingue rapidement par son identité sonore singulière, à mi-chemin entre l’électro-pop, la house et une certaine sensibilité new wave. La composition est écrite par Stéphane Jounot lui-même, tandis que l’enregistrement et le mixage sont confiés à Julien Delfaud, au Studio Plus XXX. Le mastering est réalisé au célèbre studio The Exchange. Le morceau existe notamment en version courte de quatre minutes et en version étendue de plus de huit minutes, destinée aux DJ. Le maxi vinyle publié chez BMG en 2003 propose notamment une relecture signée Armand Van Helden, figure de la house new-yorkaise qu’on ne présente plus, ainsi qu’un remix de Cosmo Vitelli, autre représentant important de la scène électronique française. Autre particularité notable : son clip est réalisé par Michel Gondry et son frère Olivier Gondry. Ce titre fait partie de l’album Overloaded, le premier de Lacquer, publié en 2003.


