Quoi qu’on en dise, Marina de Van nous manque toujours un peu et chaque entrée par la porte du cinéma nous appelle instinctivement. Préparant probablement le terrain d’un futur long-métrage d’horreur prévu pour l’année prochaine, le documentaire Ma nudité ne sert à rien a été ressorti du placard pour une sortie (très) limitée : il faut se dire que cet ovni prenait la poussière depuis sept ans ! Un « vis ma vie » sauce Marina, où la réalisatrice et écrivaine s’offre crue, languissante dans son cocon : presque un film de confinement avant le confinement. Et elle s’y filme, elle. Entière. Nue ou pas. Son chat. Sa vape. Dans son ennui, ses phases d’écriture, ses moments de rien.
Beaucoup y verront une forme de narcissisme délirant doublée d’une impudeur gênante : on la verra pêle-mêle déambuler, danser, faire l’amour et même revoir ses propres films ! Quand on connaît mieux sa filmo, on y retrouve surtout une forme d’exhibitionnisme tendance écorché vif travaillée depuis bien longtemps (depuis son court Bien sous tous rapports, plus exactement, où une fellation prodiguée par ses soins était jugée par sa propre, et donc vraie, famille), l’envie d’ôter tout filtre, de s’offrir telle quelle, dans sa banalité, son grotesque. À cela s’ajoutent une cruauté et une autodérision qui enlèvent du poids à un exercice qui aurait pu être diablement pédant.
C’est aussi un regard introspectif, plus rare, sur une femme à l’orée de ses cinquante ans, multipliant les rencontres par le biais de sites de rencontres : l’exercice de l’autofiction prend alors le relais dans des séquences de dates ou d’amour qu’on devine bien évidemment jouées. Et là, on va au-delà du « regardez-moi » : comment on aime, comment on va vers l’autre et comment on baise à un âge où la société vous fait croire qu’on ne vous regarde plus ? Et surtout, comment fait-on face à un désir qui se flétrit ? Qu’elle se passe dans la tendresse ou la violence, Marina de Van contemple une mécanique qui s’est brisée, confirmant qu’elle n’est jamais aussi passionnante que quand elle parle d’elle-même. Et qu’au final, tout cela est encore et toujours une histoire de chair…
28 octobre 2026 en salle | 1h 25min | Documentaire, DrameDe Marina De Van | Par Marina De Van Avec Marina De Van, Rachel Arditi, Juliana de Van |

28 octobre 2026 en salle | 1h 25min | Documentaire, Drame
