Les 10 clips les plus chaos de 2023

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Bilan aigre: 2023 ne fut point une année brillante côté clip. Pire encore, la recherche façon escalade minière à la Germinal fut largement gâchée par les restrictions du site Imvdb (le IMDB des vidéos musicales), qui a décidé de limiter sa database aux clips américains et… italiens! Qu’à cela ne tienne, le CNC épaule à présent de beaux projets musicaux et on a pu trouver, malgré tout, de bien jolies choses. En trustant deux places, Nicolas Medy (déjà premier du top 2020) confirme quant à lui son appétence pour le format et un talent feu qui ne devrait pas s’éteindre!

1. Boundless – Curses & Jennifer Touch (réalisé par Nicolas Medy)
Béton armé, lampadaires blêmes, milice bizarre et un homme androgyne que tout le monde suit: rendez-vous dans un nightclub de cuir et de chaînes, où tout le monde danse pour soi, persuadés sans doute que les nuits sont infiniment plus belles que vos jours. Faussement sage et classe à en crever, la nouvelle excursion de Nicolas Medy dans le clip, qu’on avait laissé avec un formidable diptyque pour le groupe Mansfield TYA (Auf Wiedersehen et L’acqua fresca), fait à nouveau frétiller tous les sens. Les prédateurs et Cruising, tout en haut sur la montagne, y sont revendiqués à chaque plan, ne faisant confirmer que les plaisirs vampiriques et sous-terrains n’ont pas pris une ride. Dans une faune d’habitués (Fred Morin, Raquel Garcia, Rose Walls, Laurens Saint-Gaudens…) où l’on croise même la star de Petite Nature, l’androgyne Aliocha Reinert, vient se greffer le musicien Curses, depechemodesque en diable, et son invitée Jennifer Touch, dont l’allure évoque celle d’une chanteuse des années 80 à la Kim Wilde qui en aurait trop vu et serait revenu du néant. On pense bien sûr au temps glorieux du vidéo-clip frenchie et blafard, tendance Body Physical et autre Parking des anges, le tout allié à une vision du futur héritée des années 90, quand le cyberpunk sexy restait tapi dans l’ombre, chaussé de ses lunettes noires. L’œuvre de Nicolas Medy est définitivement une œuvre de séduction et devinez quoi? C’est loin d’être fini!

2. Borderline – Tove Lo (réalisé par Nogari) + 3. A Barely Lit Path de Oneohtrix Point Never (réalisé par Freeka Tet)
Voilà que les Crash Dummies (ces mannequins réservés au crash test de voitures) deviennent soudainement objets de romantisme avant de devenir objets de destruction! Chez Oneohtrix, ils foncent vers un ailleurs doux comme une galaxie. Chez Tove Lo, on mise sur l’érotisme taquin et le road movie rêvant de taper dans le mur. Quand l’incarnation d’une mort inanimée devient celle de la vie pure et dure.

4. Oceans Niagara – M83 (réalisé par Yann Gonzalez)
Après un Extazus délicieux, M83 reste à cheval sur son outre monde organique et psyché, mais laisse place cette fois à Yann Gonzalez, dont il s’agit étonnement de la première réalisation pour son frangin musicien! Un monstre chevelu qui pleure, une nouvelle génération queer courant vers l’avenir, des animations sous LSD rappelant les errances entre deux émissions de Croque-Vacances ou de Récré A2: des seringues dans les yeux et du sucre glace dans les oreilles.

5. Lipstick Lover – Janelle Monae (réalisé par Janelle Monáe & Alan Ferguson)
La tendance à montrer une sexualité queer de plus en plus graphiquement «horny» (c’était aussi le cas de Troye Sivan avec Angel Baby ou Rush) dans la pop dite mainstream et en des temps de plus en plus répressifs a de quoi réjouir. Après avoir ouvertement flirté avec un univers pop/rock à la Prince, voilà Janelle plongée dans un palais des mille délices, un aprem de piscine où on ne touche pas vraiment le fond, célébrant les corps humides et charnus comme au temps de Crumb. Talons léchés, baisers bien placés, tee-shirts mouillés, peaux mêlées: la chair dense danse.

6. Paint the town redDoja Cat – (réalisé par Nina McNeely)
Évidemment que le virage bizarroïde de Doja Cat, révélée autrefois dans un joyeux numéro de femme-vache, ne pouvait que nous plaire. À condition qu’elle ne devienne pas lentement le Kanye féminin (et tout porte à le croire de mois en mois… bref, nous verrons bien). Après le bling bling nocturne de Attention, son goût pour une monstrueuse sensualité (évoquant parfois accidentellement l’univers de Clive Barker) explose dans une seconde partie de promo aux accents démoniaques et sexy. Décors de studios toc, animation, capharnaüm organique: les visions de ce clip faussement relax évoquent davantage les errances transgressives de Mark Romanek dans les années 90 ou les couleurs d’un Mandico aujourd’hui, que le tout-venant du RnB.

7. Danse avec moi – Calypso Valois (par Nicolas Medy)
Après Mandico, Calypso Valois choppe par le col le désormais indispensable Nicolas Medy pour un peep-show féminin très riche en couleurs. Kaléidoscope sexy, fluide et pop, comme si les sixties frivoles s’étaient mariées avec un clip sulfureux des années 80.

8. I don’t know what you see in me – Belle & Sebastian (réalisé par Andrew Litten)
La mélodie catchy, eighties et ultra-vigoureuse file droit sur l’autoroute du feel good. Les belles images bleues et cristallines, elles, tendent vers une drôle de mélancolie. Pulsion de vie et de mort main dans la main, avec une image simple, folle et désespérée: un patineur en plein exercice qui se laisse voler son oxygène en s’étouffant avec un sac plastique.

9. Disparaît – Charlene Darling (réalisé par Raquel Garcia Lopez)
Ambiance salle des fêtes arc-en-ciel pour mauvais garçons et vilaines filles, harnais sur robe de soirée, synthé klaxon, caméo en pagaille et carton-pâte flashy: tout embrasse une forme de fantaisie telle qu’on la célébrait dans les années 80. Un vrai bonbon papillote (avec le pétard qui va avec).

10. High EnergyAfida Turner
Russ Meyer et Fellini tourbillonnent dans leur tombe, John Waters sourit de loin: bustée, folle avec un F, Afida recueille à la louche le hit de la Hi-NRG pour gueuler plus fort encore que Evelyn Thomas. Assurément chaos de la première à la dernière seconde. IMAGING MAILLE SURPRAÏSE!

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