Le retour de « Chucky » en série: la bonne surprise que personne n’a vu venir

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Plus de 30 ans après Jeu d’enfant (et une série de 6 suites/un reboot), l’adorable Chucky revient en série sous la houlette de son créateur Don Mancini. Croyez-le ou non, c’est réussi.

Pour celles et ceux qui ne le connaîtraient pas, Chucky est cette poupée possédée par l’esprit du tueur en série Charles Lee Ray que l’on a découvert pour la première fois dans Jeu d’enfant (Tom Holland, 1988). Un succès ayant donné lieu à des suites conduites avec un bonheur très inégal: Chucky, la poupée de sang de John Lafia (1990); Chucky 3 de Jack Bender (1991); La Fiancée de Chucky de Ronny Yu (1998); Le Fils de Chucky de Don Mancini (2004); La Malédiction de Chucky de Don Mancini (2013); Le Retour de Chucky de Don Mancini (2017); et Child’s Play : La Poupée du mal de Lars Klevberg (2019). Découvrir cette série en 2022, au moment où l’on nous ressort Scream du placard pour un cinquième épisode globalement décevant, se révèle amusant, parce que là où Tyler Gillett et Matt Bettinelli-Olpin se plantent en ne misant que sur la nostalgie des années 90 et en recyclant de vieilles recettes sans trop y croire, Don Mancini (ici, réal du pilote, scénariste et producteur), lui, plaide pour l’irrespect total aux manettes de sa poupée en animatronique. La naphtaline, pas trop pour lui.

Chucky, qui retrouve sa voix originelle (celle de Brad Dourif), est lâché parmi les adolescents actuels (des personnages campés par des acteurs qui, merci pour nous, font vraiment leur âge). Soit un ado de 14 ans un peu chelou (Zachary Arthur, attachant) qui s’entiche de l’horrible poupée lors d’un vide-grenier et qui trouve chez elle un peu de consolation face au monde extérieur intolérant et de force pour combattre les cons. Sauf que Chucky veut tuer un max de monde. L’histoire s’avère un prétexte pour a. peindre le monde à hauteur d’ado mal dans sa peau (et qu’un amour inattendu va peut-être sauver…) et, surtout, b. zigouiller tout ce qui bouge, à commencer par une galerie de personnages têtes-à-claques génialement horripilants. Bonne nouvelle donc pour nous autres, apôtres du mauvais esprit: c’est à hurler de rire. Parce que ce jeu de massacre tire sur tout ce qui nous horripile (le conformisme, le bon goût, le politiquement correct, l’hypocrisie sociale…) et le fait avec un plaisir infectieux, une bande-son soignée, une mise en scène très efficace et pas économe d’effets (l’incendie lors de la fête dans l’épisode 3!). C’est donc agréable pour les yeux, les oreilles, les zygomatiques…

À cela, s’ajoute un bon casting, notamment chez les plus jeunes, parvenant même à être touchants et à rendre palpables leur solitude comme leurs démons intérieurs (Jake/Zackary Arthur et Devon/Bjorgvin Arnarson qui se tiennent la main, Lexy/Alyvia Alyn Lind lorsque sa petite sœur l’enserre pour la première fois – via Chucky, d’accord…). Et ce n’est pas si facile d’être émouvant dans un contexte aussi tordant où les morts s’accumulent avec la même inconséquence que dans un épisode de Destination Finale (le deuil et le post-trauma, ça attendra). Seul bémol, s’il fallait vraiment en placer un: les séquences en flashback sont trop nombreuses et assez ratées, alourdissant un peu l’ensemble qui n’avait pas besoin de ça. Soucieux d’être substantiels sur huit épisodes, Mancini et sa bande ont eu envie de rassembler tous les personnages des précédents épisodes comme Jennifer Tilly, habituée de la franchise, qui reprend son rôle de Tiffany Valentine ou encore Alex Vincent vu dans Child’s Play et Christine Elise dans Child’s Play 2. Bonne intention sur le papier, mais l’écriture de cette partie revival est un peu moins solide que sur la partie teen et se greffe, dans les derniers épisodes, de façon un peu trop outrée, même si fort drôle par intermittences (la formidable explosion de Chucky dans un salon familial au début de l’épisode 6). Reste que la réussite est inattendue, car inespérée. Nous pensions bêtement le Chucky en bout de course. Eh bien, pas du tout. La preuve, une seconde saison est déjà en route. T.A.

 

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