«Jakob’s Wife», la femme du pasteur a les crocs

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Disponible sur Shadowz fin-décembre, Jakob’s wife de Travis Stevens suit une femme (Barbara Crampton, cultissime actrice de Re-Animator et de Body Double) qui, lasse d’une vie mariée à un pasteur, entretient une relation tumultueuse avec «Le Maître».

Attention : cet article contient des spoilers.

On doit Jakob’s Wife au méconnu Travis Stevens, qui avait débuté sa carrière dans le département artistique de La Secrétaire (Steven Shainberg, 2002), avant de produire parmi ce qui s’est fait de mieux au rayon des films de genre indés: The Thompsons (2012), Cheap Thrills (2013), Starry Eyes (2014) ou encore We Are Still Here (2015). Des œuvres de série B, calibrées pour les festivals et avec, de temps à autre, une inclinaison arty. Jakob’s Wife s’inscrit dans cette mouvance, puisqu’il emprunte d’emblée des sentiers très balisés et exhale un parfum d’Americana, où les paysages du Midwest sont saisis dans une lumière naturaliste aux couleurs légèrement désaturées; une patine qui rappelle nombre de longs-métrages du circuit Sundance.

Pour l’originalité, on repassera, mais c’est emballé avec assez de subtilité que pour que l’on attende sagement l’embardée du récit. Diffusion sur Shadowz oblige, on se doute bien qu’on ne restera pas calé sur les affres d’un quotidien routinier, rythmé par les messes d’une petite paroisse, et au cœur d’un couple qui s’étiole : celui d’un pasteur trop pieux pour être honnête – à plus forte raison qu’il est incarné par Larry Fessenden – et de son épouse soumise (Barbara Crampton), que l’on sent aliénée au train-train de la prison domestique. Le verre de leur existence se fissure une première fois lors de la mystérieuse disparition d’une des ouailles de l’église et quand la wifey dévote sent venir la tentation de l’adultère, en renouant avec un ancien amour pour tromper l’ennui. Mais on est encore loin du compte.

Après une rencontre du troisième type, que l’on devine à connotation vampirique, l’épouse bien sous tous rapports opère sa mue et laisse exploser ses pulsions. C’est alors que démarre le show Barbara Crampton, sur qui le poids des années n’a que peu d’effet: la scream queen des 80’s se déchaîne, éructe et grille un fusible, jusqu’à déambuler dans un supermarché en quête de bidoche, lunettes noires sur le pif et attifée comme une Anna Wintour de chez Walmart. Va-t-on enfin bien s’amuser?

En partie, car le reste est à l’avenant et flirte avec les pires poncifs (les canines qui poussent, la soif de raisiné que l’on tente d’étancher avec du sang animal, le lien télépathique très fort tissé avec le maître-saigneur…), tandis que le jeu de Crampton se fait de plus en plus outré, aux confins du camp. Pour peu, elle mériterait sa place dans un des prochains volumes de l’ouvrage que Pascal Françaix dédie au genre. Pascal, si tu nous lis…

Parfois involontairement parodique et assez convenu, Jakob’s Wife se suit néanmoins sans déplaisir (mentionnons cette scène de sexe à même le sol, comme pour tempérer la bestialité nouvelle de la Wife en titre). «Le goût des choses simples», en somme. Et je ne tente pas de vous vendre du jambon (l’auteur de ces lignes est végétarien-NDR). Reste donc quelques sympathiques visions gore et les beaux yeux de Barbara, qui rachètent l’indigence du scénario. C’est déjà ça… A.D.

Disponible le 31 décembre 2021 sur Shadowz / 1h38 / De Travis Stevens

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