[CRITIQUE] REBECCA H. de Lodge Kerrigan

Géraldine Pailhas est avec Christopher Thompson – les deux se mettent indirectement en danger – et non, elle n’est pas la sœur de Pascal Greggory. L’actrice se met à nu au propre comme au figuré et se perd dans des univers interlopes avant de renaître. Les dix dernières minutes, qui montrent des répétitions musicales pour un nouveau projet de cinéma – où Pailhas incarne la chanteuse de Jefferson Airplane – créent un décalage lumineux avec tout ce qui a précédé, annonçant la chrysalide d’une femme en actrice. Le film ne suit que cette mutation anxieuse : comment gère-t-on une image publique ? Quelle est la différence entre la vie publique d’une star et la vie privée d’une femme névrosée ? Pourquoi se met-on en danger ? Sans en avoir l’air, Rebecca H. (Return To The Dogs) pose des questions passionnantes. Il faut saluer l’engagement et le courage de Pailhas qui, entre une allusion à Pialat et une crise de nerf au restaurant, possède la fièvre et le désabusement d’une Katrin Cartlidge en son temps. Kerrigan, en bon cinéaste radical, ne facilite pas la tâche. Ceux qui attendaient beaucoup du réalisateur des immenses Clean Shaven, Claire Dolan et Keane reconnaîtront ses ficelles (solitude caractérisée par le personnage filmé de dos etc.). Mais les autres ne comprendront pas l’objet ni le but de cette petite expérimentation à la Steven Soderbergh des mauvais jours.

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