Une bonne promo cache parfois un mauvais film. Une agent du FBI Lee Harker est affectée sur le cas irrésolu d’un tueur en série insaisissable. L’enquête, aux frontières de l’occulte, se complexifie encore lorsqu’elle se découvre un lien personnel avec le tueur impitoyable qu’elle doit arrêter avant qu’il ne prenne les vies d’autres familles innocentes.
Pot-pourri pourri. Entre sa promo cryptique (assez réussie) et son buzz américain qui laissait suspicieux, Longlegs s’était fait attendre. On était même prêt à redonner un peu sa chance à Oz Perkins, qui s’était fait connaître avec les ronflants February et I’m the pretty things that lives in your house, et dont le style distillait déjà l’esprit de cette fameuse «horreur élevée» qui scratche à présent toutes les bouches. Son Gretel & Hansel, agréable revisitation du conte de Grimm loin d’être à la hauteur d’un Compagnie des Loups, se montrait déjà plus séduisant malgré ses scories. Sous la bannière de Neon, nouveau concurrent de A24, Longlegs semblait décidé à placer la barre encore plus haut.
David Lynch, William Peter Blatty, Kiyoshi Kurosawa, Stephen King, Dean Koontz, David Fincher, Thomas Harris… sans parler d’une quantité de séries télé en tout genre (de X-Files, en passant par Medium ou True Detective), Longlegs semble avoir absorbé toute l’acmé du thriller horrifique, sans se demander si on n’avait pas déjà vu un petit peu tout ça. Passé l’intro très inquiétante (meilleure scène du film, hélas), Perkins se donne l’impression de réinventer la roue alors que sa cohorte de poupées creuses, de messages codés et de trauma enfouis, a déjà été aperçue ailleurs et en mieux. Seule la belle direction artistique, guidée par le chef op débutant et très prometteur Andres Arochi, donne envie de s’y accrocher un minimum. Mais là encore, tout ressemble à un grenier où s’entassent les grandes lubies du moment, en particulier cette esthétique héritée des creepy pasta et des ARG, fascinées par un passé flétri (dossiers cornés, analogique porn et autres baraques trop vides ou trop pleines).
Sciemment dissimulé par la promo, planté face à une Maika Monroe amorphe (son rôle veut ça, mais tout de même…), le personnage de Nicolas Cage ressemble lui aussi à un melting pot de silhouettes connues: du Joker décrépi de Phoenix en passant par le chanteur Tiny Tim, le Bob de Twin Peaks ou le Richard Lynch de Meurtres sous contrôles (auquel le film pique aussi quelques éléments, allez hop). Mi-Marc Bolan des caves, mi Michael Jackson des ténèbres (je vous remets une tranche tant qu’on y est), l’acteur zinzin campe une performance entre la gêne et la fascination, apte à sortir illico presto le spectateur du métrage à chaque apparition. Assimiler un nom aussi connu à un personnage aussi mystérieux et bizarroïde ne fait clairement pas partie des plus grandes idées de Perkins. À bout de course, vous vous dites que ça fait beaucoup et vous n’avez tort: Longlegs est une arnaque.
0.0 out of 5.0 stars10 juillet 2024 en salle | 1h 41min | Epouvante-horreur, Thriller De Oz Perkins | Par Oz Perkins Avec Maika Monroe, Nicolas Cage, Blair Underwood |
