Au fait, on a vu « Les chambres rouges » de Pascal Plante

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Mannequin aussi glacé que la neige Montréalaise, et dont la vie semble tourner quasi exclusivement autour de son écran d’ordi, Kelly-Anne se rend méthodiquement tous les jours au procès de Ludovic Chevalier, un homme rabougri accusé du meurtre de plusieurs fillettes et dont le calvaire a été à chaque fois filmé de bout en bout. Sur le chemin du tribunal, Kelly rencontre Clémentine, une jeune provinciale persuadée de l’innocence de Chevalier. Reste à savoir la fascination qui cheville tant Kelly, si taiseuse…

Sur les thèmes du serial-killer et du snuff movie, Les chambres rouges, le nouveau long métrage du réalisateur Pascal Plante (Nadia Butterfly), que l’on n’attendait pas du tout dans ce registre, parvient à créer la surprise en prenant à revers tout ce qu’on pouvait attendre d’un film choc: en refusant de jouer le jeu du plein la gueule, il ne montre rien des exactions décrites (ou visionnées). Les amateurs de sensations fortes seront en berne, mais son efficacité à brosser un cas d’obsession morbide, lui, fait plutôt mouche. Incarnation de l’ascèse moderne, son héroïne traque des vidéos interdites à coup de poker et d’échanges cryptiques sur un dark web qui a succédé aux chaînes imaginaires du Videodrome de David Cronenberg. Sur deux heures (qui ne s’imposaient pas vraiment), son jeune réalisateur Pascal Plante bascule parfois, malgré lui, vers le film passeport démonstratif, empesé par un tampon j’adore Fincher-Villeneuve-Haneke. Mais il réussit, et c’est là où on préférera largement défendre ce Tesis Québecois, à ne jamais dévier sa trajectoire et à garder l’opacité troublante de son personnage principal jusqu’au bout. J.M.

17 janvier 2024 en salle | 1h 58min | Thriller
De Pascal Plante | Scn Pascal Plante
Avec Juliette Gariepy, Laurie Fortin-Babin, Elisabeth Locas

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