« Challengers » de Luca Guadagnino avec Zendaya, Josh O’Connor et Mike Faist: deux garçons, une fille, trois possibilités

Imprévisible, intenable, on adore ou on déteste Guadagnino, mais on est là. Définitivement lancé dans l’idée de rendre le tennis à nouveau sexy, Challengers a connu quelques remous (Amazon, pas Amazon) avant d’atterrir sur nos écrans de cinéma. Avec Zendaya en tête d’affiche, quasiment sorti des sables de Dune et des crises de manque de Euphoria, il faut dire que ça aide. La promo ne ment pas en tout cas: du glam, du jeu set et match, et de beaux jeunes gens, mais pas de rom’com à proprement parlé. Autour de la jeune star, on retrouve Josh O’Connor (vu tout récemment dans La chimère) et Mike Faist (croisé dans le West Side Story de Spielberg et bientôt dans The Bikeriders). One girl, two twinks, trois possibilités et beaucoup de smash. Voilà pour la situation: le tennisman Art Donaldson, coaché par sa terrible épouse et ancienne joueuse Tashi, retrouve un ancien ami/ennemi devant son filet. Le récit se met alors à rebondir dans le temps comme une jolie baballe jaune pour revenir sur l’histoire qui lie ces trois chenapans.

Pas sûr que Guadagnino aime le tennis, mais il nous impose malgré tout de même cette esthétique clean vite saturée de cris de hargne et de raquettes brisées. On devine que ce n’est pas la passion de Roland-Garros qui habite le réalisateur de Call me by your name mais bien d’utiliser ce sport comme accessoire pour mieux tisser un marivaudage de circonstance. Zendaya, en cold bitch hautaine et calculatrice, fait sa sirène pour choper deux copains d’abord qu’elle va s’empresser de séparer. Mais qui veut qui? Telle est la question, laissant planer un flou délicieux dans l’assistance. Une ambiguïté si présente que, comme le rappelle presque constamment le personnage de Josh O’Connor, on arrive à un point où l’on se demande si l’on cause vraiment de tennis, même en plein debrief technique. Guadagnino lèche du regard les deux bonhommes, transpirant sur le court, s’égarant lors d’un threesome loupé (à n’en pas douter la meilleure séquence du film, même si un certain Y tu mama tambien est déjà passé par là…), se tournant autour dans un sauna ou croquant dans le même churros.

Certes, tout parle de désir, mais on reste, une fois n’est pas coutume, un peu sur le seuil de la porte. Désir d’un réal pour ses comédiens, désir des personnages qui se le renvoie d’un coup de raquette. Ce serait beau si le fond de l’affaire n’était pas pathétique, puisque Tashi/Zendaya hésite entre le bon mari chiant et l’amant un peu con, n’attendant qu’une vénération sans borne, alors que les deux garnements entendent bien partager le morceau avec le sourire. Vaguement amusant ou franchement fatiguant, dur de trancher. Alors que Guadagnino s’explose à rendre le tennis aussi épique que possible (vue subjective du joueur et de la balle, plongée et contre-plongée, ralenti en pagaille, balles in your face), c’est surtout Trent Reznor qui emballe tout le monde, se cramant de tous les côtés avec une BO déchirée entre techno 90’s zinzin et Moroder-flick. J.M.

24 avril 2024 en salle | 2h 11min | Drame, Romance
De Luca Guadagnino | Par Justin Kuritzkes
Avec Zendaya, Josh O’Connor, Mike Faist

 

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