Sorti après un développement chaotique, Stalker 2: The Heart of Chornobyl nous est arrivé tout cabossé. Flashback: annoncé initialement en 2010, la suite du FPS ukrainien culte de 2007, Stalker: Shadow of Chornobyl (et de ses deux stand alone), a mis 14 années à voir leur jour. Annulations, reports, dont le plus tristement mémorable causé par l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022 et le départ d’une partie de GSC Game World à Prague, tandis que l’autre est allée combattre sur le front, font de cette sortie un miracle. Et si le jeu débarque avec son lot de bugs ou de compromis (comme ce A-Life 2.0, système d’autonomie des PNJ, qu’on ne verra jamais), peut-on pour autant dire qu’il s’agit là d’un mauvais jeu?
En choisissant de ne pas trop s’éloigner des épisodes précédents, Heart of Chornobyl perpétue une formule qui a fait ses preuves dans les années 2000, aujourd’hui complètement à contre-courant. Soit un survival (horror) hardcore dans un monde ouvert où tout est susceptible de vous tuer: les différentes factions qui se font la guerre, les braconniers qui vous attaquent par-derrière, les mutants qui peuplent ces landes désolées (du rat mutant au sanglier increvable, en passant par la créature invisible qui vous one shot), la météo, les radiations, la faim et la fatigue, une chute d’un peu trop haut et bien sûr ces satanées et magnifiques anomalies. Ces dernières sont bien présentes dans Stalker 2 et chaque confrontation avec l’une d’entre elles (surtout les plus singulières) est un moment épique en soi.
Si la quête principale est relativement basique, les gueules que l’on croise tout au long de l’aventure restent gravées en mémoire. Derrière ces PNJ éreintés, à bout, qui luttent pour leur survie dans les ruines de la zone d’exclusion ukrainienne de Tchernobyl, on ne peut s’empêcher de voir des doubles des soldats restés combattre pour l’Ukraine. La Zone justement est l’atout principal de Stalker 2. Toujours aussi hostile, elle garde son caractère fascinant, presque envoûtant (bien aidé par une bande-son ambient de qualité), qui font de chacune de vos sorties dans la Zone une expérience unique. On n’a jamais été aussi loin (les monstres, les gunfights) et aussi proche (l’ambiance) du cinéma de Tarkovski – pour ceux qui l’ignorent, les jeux Stalker sont des adaptations du livre Pique-nique au bord du chemin des frères Strougatski, lui-même adapté par Tarkovski en 1979 dans son chef-d’œuvre… Stalker. Peut-on aimer Stalker 2: Heart of Chornobyl? La réponse est OUI !


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