BIFFF BIFFF BIFFF hourra!

0
1846

Du 9 au 21 avril 2024, le BIFFF reprend ses quartiers au Palais 10 du Heysel (Bruxelles). Le programme des réjouissances pour ces deux semaines? Films de genre, cris de joie, blaguounettes et bière en abondance.

Comme de coutume, le programme est dense et part un peu dans tous les sens. Laissez Chaos être votre phare dans la nuit et pointer les séances à ne pas rater… par ordre chronologique (ou presque). Cette 42ᵉ édition s’ouvrira sur fond de guerre civile aux USA, avec le Civil War d’Alex Garland (Ex Machina), que nous défendons haut et fort sur Chaos et que certains se sont empressés de désigner comme le digne successeur du fabuleux Les Fils de l’Homme (Children of Men, 2006) de Alfonso Cuarón.

Du côté des longs-métrages qu’on est curieux de découvrir, sans pour autant être totalement convaincus, on ne manquera pas de jeter un œil à Kryptic (son sous-texte de cryptozoologie nous a titillés), The Sin – en espérant que ce film de zombies coréen soit assez furieux – ou encore à Kidnapping Inc., car les comédies haïtiennes ne courent pas les rues. Par ailleurs, la soirée grindhouse nous chauffe bien, puisque la projo de The Belgian Wave du sémillant Jérôme Vandewattyne sera suivie d’un concert de son groupe: VHS From Space (il faut définitivement les voir en live), dont fait aussi partie le frère de Jérôme (l’adorable Franz). La new belgitude à son meilleur! L’Abigail chapeauté par deux des têtes pensantes du collectif Radio Silence (Matt Bettinelli-Olpin & Tyler Gillett) devrait faire des merveilles dans l’atmosphère survoltée du BIFFF, en enfermant ses personnages dans un manoir, livrés à une gamine vampire. Tandis que Destroy All Neighbors se profile en séance de minuit idéale, avec son cocktail d’ingrédients disparates (outrances psychotroniques, gore et créatures old school).

Trois œuvres font figure d’immanquables de cette première semaine de festival. Avec River (En Boucle), le nouveau chouchou du BIFFF Junta Yamaguchi (Beyond The Infinite Two Minutes) déplace ses paradoxes temporels et son sens de l’absurde dans une auberge rurale. Alors qu’avec The Soul Eater (Le Mangeur d’Âmes), le duo derrière À l’Intérieur (les farouches Maury-Bustillo) s’adonne au thriller, sans renoncer aux images chocs et aux pures visions horrifiques. Mais avouons que c’est le Love Lies Bleeding de Rose Glass qui n’en finit pas de nous exciter, avec son cadre white trash et sa romance lesbienne entre Kristen Stewart et Katy O’Brian sur fond de culturisme. À force, vous allez vous mettre à penser qu’on a installé un autel en l’honneur d’A24 chez nous, devant lequel on récite une petite prière tous les soirs.

En ouverture de la deuxième semaine, il nous tarde de pouvoir jauger In A Violent Nature, qui a fait sensation à Sundance et paraît s’emparer des éléments constitutifs du slasher pour les emmener ailleurs (naturalisme ? épure ? réinvention ?). Et grâce au Bursting Point (Bao Lie Dian) de Dante Lam et Calvin Tong, on se plaît à rêver d’un retour aux grandes heures du polar made in HK. Mais avant cela, Interstate aura marqué le comeback de l’habitué Jean-Luc Herbulot (les très réussis Dealer et Saloum), pour un thriller singulier avec Asia Argento et JoeyStarr, qui sera présenté en avant-première mondiale.

En vrac, on en attend aussi beaucoup de Things Will Be Different (cambriolage + réalités parallèles), du Cuckoo de Tilman Singer (Luz), de l’Argentin When Evil Lurks (sera-t-il le shoot d’horreur de cette édition?), de Wake Up (réalisé par RKSS, le trio aux manettes du réjouissant Turbo Kid) ou de Pendant ce temps sur Terre, le dernier effort de Jérémy Clapin (J’ai perdu mon corps), passé par la Berlinale. Et on a très envie de s’éclater devant le très gore et foufou Jyukinshi, produit par le fantasque Yoshihiro Nishimura, une des légendes de la Sushi Typhoon. On vous conseille également de vous déplacer pour ces films d’animation : l’étrange Schirkoa: In Lies We Trust (avec les voix de Golshifteh Farahani & Asia Argento) et Sand Land (Sando Rando). Coup de cœur du festival Anima, Sand Land est une adaptation d’un manga du regretté Akira Toriyama (le créateur de Dragon Ball nous a quittés il y a peu), dont il perpétue le trait si caractéristique des personnages et leur énergie communicative. L’auteur de ces lignes sera au BIFFF pour filmer des capsules pour ChaosTV (avis en sortie de séance, atmosphère du fest, animations). En attendant, les infos utiles sont sur le site du festival. A.D.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici