En m’en vantant les mérites en période pré-festival, Romain Le Vern (chantre du Chaos qui vient) ne s’était pas trompé: La Pietà s’est aisément affirmé comme un sommet de bizarrerie. Très esthétisante et singulière, la proposition d’Eduardo Casanova (auteur de nombreux courts-métrages et du long-métrage Skins, également connu sous le titre original de Pieles) est parsemée d’images folles et sidérantes, telle la vision d’un homme adulte qui sort du vagin de sa mère durant un accouchement un peu compliqué.
L’imagination de Casanova paraît ne se fixer aucune limite et sa liberté créative rendrait jaloux (pour La Pietà, il a pu compter sur le soutien d’Álex de la Iglesia et de son épouse Carolina Bang aux postes de producteurs). La Pietà tourne autour d’une mère intrusive, castratrice – Ángela Molina, à l’affiche chez Bigas Luna (Lola) et Pedro Almodóvar (En Chair et en Os, Étreintes Brisées) – et de son fils infantilisé, campé par Manuel Llunell (Malnazidos, coréalisé par Javier Ruiz Ghost Graduation Caldera, et la série ibérique Moebius, que je n’ai pas vu). Il en résulte de nombreuses situations tragicomiques, qui flirtent allègrement avec l’absurde et l’humour nonsensique. La Pietà est un régal. Un OFNI, un vrai! A.D.
| Epouvante-horreur, Drame De Eduardo Casanova Par Eduardo Casanova Avec Ángela Molina, Manel Llunell, Ana Polvorosa Titre original La piedad |
