« À la recherche de films sur les sociétés secrètes, les théories du complot et les clowns »

Quand nos lecteurs ont des questions, le Chaos a les réponses, il suffit de nous envoyer vos requêtes au mail redaction@chaosreign.fr. Voici le courrier de notre lecteur Mathieu à la recherche de films aux genres très précis.

Bonjour,
Je me permets de vous contacter pour vous demander votre aide. Auriez-vous quelques pépites (éventuellement méconnues) à me recommander portant d’un côté sur les thématiques des sociétés secrètes/ des théories du complots et de l’autre sur les clowns? Je sais que les films avec des clowns sont un réel sous-genre de l’horreur et du slasher et qu’il existe des dizaines, voire des centaines de films tournant autour de cette figure. Néanmoins, au-delà de Balade Triste ou encore de Killer Clowns from Outer Space, existe-t-il d’autres films qui en valent la peine? Ces questions ne sont pas forcément faciles, mais étant donné votre cinéphilie et vos goûts pour les films marginaux, je me suis dit que je m’adressais aux bonnes personnes.
D’avance, je vous remercie,
Une bonne semaine à vous,
Mathieu

Cher Mathieu,
Il faut en effet accepter le fait que les clowns soient devenus les rois incontestés du Z. On attend toujours un film digne de ce nom sur John Wayne Gacy, grand inspirateur des bosos psychopathes. Trois recommandations tout de même: le très gore et même assez flippant Terrifier (2016), qui redonne un peu ses lettres de noblesse aux comiques de cirque, et le totalement délirant Funny Man (1994) certes plus bouffon que clown, un slasher british qui voisine ouvertement avec le cartoon le plus décomplexé. Ou encore le très efficace Clownhouse (1988) de Victor Salva, qui sera hélas le théâtre en coulisse d’une histoire beaucoup plus glauque que tous ces rigolos réunis…
Côté complot, LE thriller parano foldingue chaos des 2010’s reste indubitablement Under the Silver Lake (2018), qui a rejoint Southland Tales et Lost River dans la case des ovni cannois qui cliveront jusqu’à leur mort. Autrement, on peut se tourner également vers les Italiens, dont certains gialli bizarres-bizarres regorgent de sociétés plus ou moins dérivées de Rosemary’s Baby: Je suis vivant (dont on se demande si le final n’a pas inspiré un certain Ari Aster), Le parfum de la dame en noir (1974), L’alliance invisible (1972) ou le splendide La Setta (1990), qui se mêle à l’univers de Lewis Caroll et de Lovecraft (avec un coulis de Charles Manson par-dessus). Pour les américains, l’excellent Les envoûtés (1987), arrivé en pleine vague voodoo voodoo, où la bourgeoisie se laisse tenter par des sacrifices d’enfants (John Schlesinger ne fait pas de cadeaux, et on aime bien ça). En dessous des mastodontes du genre, tels que Un crime dans la tête (1962) ou le récemment réévalué L’opération diabolique (1966), on peut évoquer aussi Ces garçons qui venaient du Brésil (1978), même si son fameux twist a été depuis étalé en place public. Pour notre douce France, citons l’hallucinant Traitement de Choc (1972), notre Soleil Vert à nous, et Le secret (1974), où un Trintignant mystérieux entretient le doute sur notre gentil gouvernement. J.M., plus grand spécialiste des films à clowns de la rédaction.

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