Yann Gonzalez, Quarxx, Mathieu Morel… Courts mais bons à « L’étrange Festival »

Parce qu’à L’étrange Festival, il n’y a pas que des longs métrages. Il y a aussi des courts et ils sont bons.

I Call upon thee de Michael Anthony Kratochvil 
Deux gamines se lancent comme défi d’apprendre par cœur une invocation satanique. Et elles le font si bien qu’elles vont bien entendu s’attirer des ennuis venus d’outre-tombe. Si les éclairages à la Argento/Refn font légèrement bailler, certaines images sérieusement dérangeantes et fantasmagoriques à la Lords of Salem donnent vraiment envie de suivre son réalisateur. Qui sait, hein…

Dar-Dar de Paul Urkijo Alijo
Là encore un bonhomme qu’on a envie de suivre de très près. En des temps indéterminés, une gamine fait la connaissance d’un démon répugnant dévoreur de doigt (et le regrettera). Certes, les leçons de Robert Eggers sont bien apprises (noir et blanc hyper stylisé entre Dreyer et l’expressionnisme allemand, carton façon film muet, tentation nihiliste, sound design dérangeant à souhait). Mais le malaise est là, la créature très réussie, et la cruauté fort présente. Très engageant.

La belle et la bête de Mathieu Morel
Autant dire qu’en voyant le réalisateur venir présenter son acteur coiffé de son masque de pup, on trouvait ça déjà irrésistible. Court ultra-fauché d’un jeune élève de la Femis, où le légendaire conte se voit corrigé sous le biais d’une romance entre garçons, avec une esthétique empruntant autant au télé-achat de TF1 qu’aux films de Cadinot, en passant par Werner Schroeter et James Bidgood. Un style encore à forger, mais tout y est déjà gonflé et très amusant. Le cute porno, on adhère.

Les princesses font ce qu’elles veulent de Quarxx
Dans Tous les dieux du ciel, une lolita turbulente du nom de Zoé venait compliquer un peu la tâche du personnage principal, illuminé séquestrant une frangine défigurée. Mais le personnage restait curieusement un mystère, quitte à amener plus de questions que de réponses. Et ces réponses, on les a justement ici: un conte baroque mettant en scène la dite petite peste, une princesse de rien ravi de massacrer sa famille entière et de faire porter le chapeau à son ami imaginaire. Si l’imagerie de barbie sanguinolente, où la pureté et la monstruosité ne sont jamais au bon endroit, n’apportent rien de très nouveau, les sorties de son duo vedette (dont l’hallucinante Manon Maindivide, présente à la projection et manifestement très heureuse de jouer une psychopathe!) donnent une poignée de séquences assez savoureuses. Une jolie manière de fermer la boucle d’un long-métrage déjà bien tordu.

Fou de Bassan de Yann Gonzalez
Devrait-on parler de clip ou de court? Il y a un peu d’ambiguïté, mais au fond on s’en fout parce que c’est sacrément beau! Après un passage à Locarno, Fou de Bassan, illustration très attendue de Yann Gonzalez pour Jita Sensation, s’est retrouvé accolé à Extraneous Matter, petite bande rigolote à base de tentacle porn fauché en noir et blanc. Curieux mélange, qui a d’ailleurs porté pas mal de préjudice au moyen-métrage japonais tant les images de Fou de Bassan trottent dans la tête. Quatre minutes de cruising lesbien dans le brouillard au son d’un sexy saxo: un ballet de cuir, de tétons et de langues. Une nuit de la pleine lune qui donne l’impression de voir La cité des femmes de Fellini transfiguré par Stephen Sayadian. Le porn-chic (même si cela reste bien doux) des 80/90’s ressuscité par une sensibilité pédé comme on les aime, où la tendresse n’empêche jamais la débauche des sens. On jurerait voir débarquer Zara Whites ou Selena Steele. Le genre de bonheur qu’on aimerait voir durer une vie entière… J.M.

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