Après Black Box (1978) et The Offenders (1979), Vortex, tourné en 16mm, marque la troisième collaboration entre Lydia Lunch et les B’s (Scott et Beth B.). Trop de chaos everywhere.
PAR PAIMON FOX
Dans les années 80, Scott et Beth B. faisaient partie d’un mouvement de jeunesse révoltée, usant du système D. pour stigmatiser l’uniformité de la société, rendre compte d’un malaise abyssal et sculpter les mutants d’une Amérique Reaganienne. Ce sont les prémisses du « cinéma de la trangression » de Richard Kern et Nick Zedd (They eat scum, 1979).
A la base, tout découle de la « no wave », scène musicale post-punk new-yorkaise représentée entre autres par Teenage Jesus And The Jerks de Lydia Lunch. Au cinéma, des artistes comme Jon Moritsugu, cinéaste américain d’origine japonaise, se sont inspirés de cette ambiance en revendiquant les influences de John Waters, des frères Kuchar, du pop-art et de Jack Smith (Flaming Creatures). Avec leurs propres moyens, ils organisaient des projections au cours de performances ou de concerts, régulièrement interrompus par des émeutes. Vortex s’avère l’un des artefacts les moins virulents du genre.
Le désabusement poétique de ce film noir sous Tranxène constitue sa principale force. L’intrigue emprunte beaucoup aux films noir et aux soap opéra : Angela Power (Lydia Lunch), une détective privée en plein sommeil, enquête et se retrouve confrontée à un patron vicelard et assassin, incarnation du capitalisme (James Russo). Le sadomasochisme moral, le fétichisme cuir, la lenteur enivrante des séquences, la démarche sexy de Lunch et surtout les discrets mouvements de caméra virtuoses, comme cette longue plongée sur un ascenseur, révèlent les qualités de fabrication de cette série B intrigante.
A noter au casting la présence de Ann Magnuson, leadeuse du groupe de rock expérimental Bongwater et surtout un score hypnotique très « Tangerine Dream », composé par Lydia Lunch, Adele Bertei (The Contortions), Richard Edson (Sonic Youth première période) et Scott B. On aime plutôt bien tout ça.


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