[VIDEO GAMES] Les 5 jeux vidéo les plus chaos de 2021

Quelle étrange année 2021 pour le jeu vidéo… Une année de transition pour une nouvelle génération de console apparue fin 2020 (PS5 et Xbox Series), qui s’est pris de plein fouet la crise sanitaire, ne pouvant alors répondre à la forte demande en raison de pénuries de certains de leurs composants. D’où la sensation de ne pas avoir pu jouer au futur du jeu vidéo promis par Sony et Microsoft, la plupart des jeux étant encore crossgen – c’est-à-dire jouable sur les anciennes et nouvelles générations en même temps. Et alors qu’Ubisoft, l’un des éditeurs de jeu vidéo les plus lucratifs au monde, a décidé de se lancer dans la blockchain et le NFT, quel bilan peut-on dresser de 2021?

Avec l’avènement du jeu vidéo indépendant au cours de la dernière décennie, devenu une alternative crédible aux Triple-A (comprendre les blockbusters) et aux Double-A, on commence à avoir l’habitude de voir des productions plus modestes faire la nique aux plus grosses cylindrées. C’est encore plus vrai cette année avec une scène AAA complètement désertée, où seul Deathloop des lyonnais d’Arkane Studios a su tirer son épingle du jeu. D’autant plus que Deathloop, malgré son animation et ses effets rutilants, présente une philosophie de jeu portée sur un concept et un gameplay omniprésents qui le rapprochent du jeu indépendant. C’est justement la scène indépendante qui truste la majorité des places de ce top 5 annuel, et ceci, alors que je n’ai pas encore eu la chance de poser mes mains sur quelques hypes alléchantes comme Inscryption, The Medium ou It Takes Two (grand vainqueur des Game Awards). A leur côté brille tout de même une exclu PS5 Double-A exigeante, et, sur la plus haute marche, la proposition de gameplay la plus bluffante de 2021, par l’intermédiaire d’un mini-jeu offert en bonus d’une ressortie d’un des meilleurs opus d’une saga majeur du jeu vidéo.

Mention honorable: The Legend of Zelda: Skyward Sword HD (Nintendo Switch)
Etant donné qu’il s’agit d’un jeu de 2011, il était impossible de l’inclure dans le top de l’année, mais le remake HD de The Legend of Zelda: Skyward Sword mérite d’être cité. Vilain petit canard d’une saga à bout de souffle – avant de renaître avec le chef-d’œuvre Breath of the Wild en 2017 – Skyward Sword souffre de sa trop grande linéarité pour une saga qui s’est pendant longtemps targuée d’être synonymes d’Aventure (avec un grand A). Malgré sa promesse d’un «Zelda dans les airs», cet épisode exclusif à l’époque à la Wii offrait finalement peu de moments mémorables lors des phases de jeu dans le ciel. C’est une fois les pieds sur Terre que Skyward Sword révèle ses très beaux atouts: teinte pastel visuellement chatoyante, donjons relevés aux idées folles, énigmes visuelles dans la pure tradition de la saga. Avec la possibilité, via les options du jeu de se débarrasser de Faye, fée intempestive qui passait son temps à interrompre le cours de l’aventure pour prodiguer abusivement de conseils dans la version de 2011, le jeu devient tout de suite plus agréable à arpenter. Tout juste faudra-t-il accepter les quelques caprices de la maniabilité basée sur les mouvements des joycon. Après avoir concédé ces petits défauts, Skyward Sword se révèle finalement être un épisode de qualité de la Légende de Zelda, recelant certaines idées en germe du triomphal Breath of the Wild.

5. Kena: Bridge of Spirits (PS5/PS4/PC)
Sensation indé de l’année, Kena: Bridge of Spirits est le premier jeu développé par le studio Ember Lab, jusqu’ici spécialisé dans le court-métrage d’animation. Et ça se ressent! Avec des graphismes de toute beauté, Kena donne vie à un univers original tirant son inspiration des films de Pixar et de Ghibli. Avec son intrigue plus sombre qu’elle n’y parait aux premiers abords – on se déplace dans un monde de fantômes, où toute forme de vie a été annihilée par une matière organique ténébreuse – le jeu d’Ember Lab fait directement écho à une œuvre culte du jeu vidéo, The Legend of Zelda: Majora’s Mask. Une affiliation tout sauf hasardeuse lorsque l’on sait qu’Ember Lab a conçu un moyen métrage adapté de l’épisode le plus étrange et sombre de Zelda. Avec ses zones linéaires et ses objets à collecter impérativement afin de progresser dans l’aventure, Kena: Bridge of Spirits semble avoir appris son Zelda par cœur. Fort heureusement, le jeu d’Ember Lab se démarque par des combats au rythme survolté et à la difficulté parfois exponentielle, ainsi que des séquences de plateforme vertigineuses. Un mélange rarement audacieux, mais extrêmement bien exécuté – jusque dans la bande-originale grandiose du jeu – qui fait de Kena: Bridge of Spirits une production mémorable, qui augure d’un avenir radieux pour Ember Lab (le studio a été acquis dans la foulée par Sony).

4. Exo One (PC)
Il faut croire que l’adage «ce n’est pas la taille qui compte» fonctionne également pour le jeu vidéo. Avec une durée de vie de seulement 2h, Exo One, premier jeu du studio australien Exbleative, en vérité composé d’une seule personne, Jay Weston, en est la preuve. Faisant le pari de la simplicité, jusqu’à un scénario cryptique et relégué au second plan, Exo One est une expérience vidéoludique hors du commun, à la fois hautement contemplative et réjouissante à prendre en main. La dizaine de planètes à visiter offre autant de mécaniques de gameplay que de panoramas différents à explorer à bord d’un vaisseau supersonique pouvant prendre deux formes, une boule et un disque. Tout le principe du jeu est d’alterner entre les deux, afin de tirer profit au maximum de leurs capacités pour gagner en vitesse et atteindre le portail qui mènera à la planète suivante. Bien sûr, il est possible d’errer, et de se laisser aller à des séquences de vol et de glisse vertigineuses à flanc de montagnes, à travers des nuages orageux, ou bien à la surface d’une planète océanique. L’héritier de Super Monkey Ball est bien là.

3. Returnal (PS5)
Premier jeu 3D des finlandais de Housemarque, Returnal est l’unique bombe du catalogue exclusif à la PS5 (si on exclut le remake de Demon’s Souls sorti au lancement de la console). Terriblement exigeant, Returnal a fait hurler des milliers de joueurs qui se sont plaints de sa trop grande difficulté. En effet, il s’agit là d’un rogue-like, genre particulièrement punitif qui impose un retour à (presque) zéro à chaque mort du joueur. D’habitude investi par la scène indépendante, le genre trouve là sa première excursion dans celle des jeux à gros budgets, bien qu’il s’agisse en vérité d’un Double-A, malgré sa direction artistique de toute beauté et le soin porté à son animation. Returnal impressionne par son caractère hostile. Le joueur incarne Selene, une astronaute d’un certain âge (fait rare dans le jeu vidéo) qui se crashe sur une mystérieuse planète et qui, au cours de son exploration et de son affrontement avec des créatures belliqueuses, fera également face à son passé. Porté par un travail sonore exceptionnel et une bande son de Bobby Krlic (alias The Haxan Cloak, auteur de la B.O. de Midsommar), Returnal se base sur un système de jeu ultra-dynamique, faisant la part belle aux batailles pyrotechniques – les tirs étant représentés par des balles colorées à esquiver – et aux choix stratégiques du joueur pour mener à bien chacune de ses runs, qui le fera traverser des zones régénérées aléatoirement. Mourir est inévitable dans Returnal, et il faudra prendre son mal en patience pour en arriver au bout et découvrir ce qui se trame dans les profondeurs de la planète-tombeau qui lui sert de décor.

2. Solar Ash (PS5/PS4/PC)
Annapurna Interactive did it again! L’éditeur de jeux indépendants, dérivé de la société de production de film Annapurna Pictures (Phantom Thread, Spring Breakers, Foxcatcher), a fait cette année confiance à The Heart Machine, studio derrière Hyper Light Drifter, jeu de rôle aux graphismes pixélisés de toute beauté sorti en 2016. De cette collaboration est né Solar Ash, jeu de plateforme vertigineux qui met le joueur dans la peau de Rei, une void-runner cherchant à activer au cœur d’un trou noir la «poussière d’étoiles» du titre afin d’empêcher la destruction de sa planète. En tant que «coureuse du vide», Rei peut glisser, comme si elle était affublée de rollers, à travers des zones au level design sensationnel, jouant sur la gravité, la verticalité (jusqu’à l’extrême), et des idées de gameplay propre à chacune d’entre elle. Affublé d’un gameplay à la simplicité désarmante, Solar Ash est un délice manettes en main. Le challenge, car challenge il y a, apparait réellement lors des affrontements avec les montres colossaux qui peuplent les 6 zones du jeu. Des combats basés sur la dextérité et la rythmique, soit la rencontre entre Super Meat Boy et Shadowz of the Colossus. Avec un scénario particulièrement émouvant, Solar Ash baigne dans une atmosphère singulière, à la fois colorée et profondément mélancolique – comme la musique composée par Disasterpiece, auteur notamment de la bande son de It Follows. La planète de Rei, sur le point d’être annihilée, toujours visible via n’importe quel panorama du jeu, est là pour rappeler, à chaque instant, l’imminence du désastre, de la fin du monde.

1. Bowser’s Fury (Nintendo Switch)
Vendu en tant que contenu additionnel au remake HD de Super Mario 3D World, l’un des meilleurs jeux de la saga phare de Nintendo, Bowser’s Fury transcende totalement son statut de mini-jeu bonus. Avec sa durée de vie d’une douzaine d’heures, Bowser’s Fury est la première incursion du plombier dans le jeu en monde ouvert. Certes, si la carte n’est pas aussi vaste que celles de Breath of the Wild, Red Dead Redemption 2 ou Cyberpunk 2077, elle offre, sans discontinuer, une expérience de jeu fluide et presque sans limites. A la manière du Zelda de 2017 qui ouvrait les aventures de l’elfe vert à la liberté la plus définitive, Bowser’s Fury propose dès le départ un éventail de transformations (la carapace arme Mario d’un boomerang, la fleur permet de lancer des boules de feu, le chat, de grimper aux murs, etc.) qui donne l’opportunité au joueur d’arpenter les différentes zones du jeu à la manière et dans l’ordre qu’il le souhaite. Autrement dit une petite révolution, l’idée d’un jeu de plateforme total. Bowser’s Fury est une expérience de jeu grisante, qui ne stagne jamais. Un laboratoire pour Nintendo, qui offre un aperçu radieux du futur de la franchise.

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