« Hard Gore » de Michael Hugo remasterisé et en Blu-ray, qui l’eût cru?

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Décidément, on vit une époque étonnante où tout semble possible, même les choses les plus inattendues. Alors que les annonces de ressorties d’œuvres patrimoniales dans des masters 4K flambant neufs se multiplient, l’éditeur californien Massacre Video a opté pour le contrepied parfait et l’injection d’une bonne dose de chaos. Et pour cause, puisqu’il prévoit d’offrir au sulfureux Hard Gore (Hardgore, 1976) de Michael Hugo – dont c’est l’unique réalisation – un écrin Blu-ray du plus bel effet. Les précommandes devraient bientôt être ouvertes sur leur site. On attend maintenant de voir qui aura les cojones pour restaurer le génial Water Power (Shaun Costello, 1977) et le proposer aux cinéphiles déviants dans l’édition qu’il mérite.

Hard Gore est une des rares péloches hard à céder aux outrances du Grand-Guignol, qui parsèment le récit des mésaventures d’une jeune fille (Dianne Galke, star de The Most Valuable Pussy), envoyée dans un sanatorium pour traiter sa nymphomanie dévorante – un postulat qui n’est pas sans rappeler The Defiance of Good (Armand Weston, 1975). Stylisé et d’une facture technique au-dessus de la moyenne, Hard Gore accumule les visions fortes aux accents psychés et démontre un attrait certain pour les sciences occultes (les symboles ésotériques sont légion). Pour le plaisir, citons un chibre généreusement croqué, un gode en surchauffe dans les parties intimes ou encore la décapitation d’une nana en pleine levrette (incarnée par Justina Lynne, une des têtes d’affiche du Femmes de Sade d’Alex de Renzy).

Vous l’aurez compris: on est loin du «porno déconstruit» et engagé qui, de nos jours, enrichit l’offre des films pour adultes, tout autant que des œuvres trop conscientes d’elles-mêmes et soucieuses de caresser la culture woke dans le sens du poil. Ce n’est pas à nous d’en juger, mais force est de constater qu’il n’y a parfois rien de plus rafraîchissant que de se délecter d’une grande rasade de transgression et de «mauvais esprit» (du moins, à l’aune des tendances actuelles, d’où l’usage des guillemets).

Pour en savoir plus sur Hard Gore et d’autres titres du même acabit, plongez-vous dans le 1er opus de la collection « Darkness, censure et cinéma » (Gore et violence, Éditions LettMotif, 2017) et dans le fabuleux Horror Porn : La Fesse Cachée du Cinéma d’Exploitation (2021), l’ouvrage-somme autoédité par Damien Granger (ex-rédac chef du magazine Mad Movies).

2 Commentaires

  1. Wow, ça fait plaisir de voir une telle pelloche ressortir dans une édition aussi soignée! Je n’ai plus revu ce film depuis belle lurette, ça sera l’occasion. Je garde le souvenir d’une atmosphère chaotique et étrange, limite surréaliste, qui se dégageait de ce film. Entre « Defiance of Good », que tu cites, et celui-ci, je ne sais pas lequel des deux est le plus dérangeant, mais les deux valent le détour, ça c’est sûr.

  2. Merci beaucoup, Salvador Alien Day. Entre les deux, mon cœur balance. Du coup, oserions-nous aussi rêver à une remasterisation 2K de « The Defiance of Good » ?

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