Comme chaque année, LARS a tenu à organiser le top 10 du CHAOS pour déterminer quels étaient les dix films les plus CHAOS de 2015, parmi les sorties chaque mercredi dans nos salles hexagonales mais aussi les films toujours inédits et/ou visibles dans les festivals (Cannes, Venise etc.). Ainsi, il a sélectionné un jury de journalistes cinéphiles totally chaos: GÉRARD DELORME; JEAN-JACKY GOLDBERG; KINOSCRIPT; STÉPHANIE LAMOME; ROMAIN LE VERN; VINCENT MALAUSA; STÉPHANE DU MESNILDOT; PHILIPPE ROUYER et ERIC VERNAY. AND THE WINNER IS…
1.MAD MAX : FURY ROAD de George Miller / PALME DU CHAOS 2015
2.CEMETERY OF SPLENDOUR de Apichatpong Weerasethakul
3.KNIGHT OF CUPS de Terrence Malick
4.TAG de Sono Sion
5.THE VISIT de M. Night Shyamalan
6.INHERENT VICE de Paul Thomas Anderson
7.COSMOS de Andrzej Zulawski
PAULINE S’ARRACHE de Emilie Brisavoine
THE SMELL OF US de Larry Clark
HORMONA de Bertrand Mandico
FIRES ON THE PLAIN de Shinya Tsukamoto
ACHTUNG, ACHTUNG! ATTENTION LES YEUX, VOICI LES TOPS INDIVIDUELS!
GÉRARD DELORME
Cemetery of splendour d’Apichatpong Weerasetakul
Les morts reviennent parler aux vivants, les mères trouvent des fils de substitution et les soldats narcoleptiques bandent quand même. Le chaos dans la sérénité.
It follows de David Robert Mitchell
Le sexe adolescent à la fois maladie et remède : une idée géniale pour le meilleur film d’horreur de la décennie.
Der Bunker de Nikias Chryssos
Avec cette fable drôle et absurde sur l’éducation dans une famille de cintrés, le gréco-allemand Nikias Chryssos réalise un premier long métrage au style très affirmé malgré un budget réduit.
Anomalisa de Charlie Kaufman
Vice versa version adulte : soit le point de vue d’un dépressif paranoïaque amoureux raconté en animation avec la voix de Jennifer Jason Leigh. Chaos multiple.
Mad Max : Fury Road de George Miller
Le chaos mis en scène avec les grands moyens. Une exception qui contredit ceux qui croient qu’il est plus difficile à un riche d’entrer au royaume du chaos qu’à un chameau de passer par le chas d’une aiguille.
Il est difficile d’être un dieu d’Alexei Guerman
Le film ultime d’Alexei Guerman décrit en plans-séquences luxuriants un enfer médiéval imprégné d’excrément liquide.
Jauja de Lisandro Alonso
Un voyage initiatique presque constamment à la limite entre ordre et chaos, civilisation et nature, un espace-temps et un autre. Jusqu’à ce qu’une passerelle mène de l’autre côté. Miracle.
Duke of burgundy de Peter Strickland
Au début, rien de chaos dans l’ordonnancement très méticuleux d’une relation SM, mais petit à petit, les masques tombent, les rôles s’inversent et la nature reprend ses droits dans une mise en scène (et en musique) sublime.
Fire on the plains de Shinya Tsukamoto
Par et avec Shinya Tsukamoto, remake de Feux dans la plaine, version chaos: une expérience sensorielle d’une intensité sans équivalent, avec déluges d’acier intempestifs, cannibalisme et démence.
Hormona de Bertrand Mandico
Kenneth Anger, Dusan Makavejev, Fellini, Jean Rollin, Jesus Franco,… Bertrand Mandico !
JEAN-JACKY GOLDBERG
Green Room de Jeremie Saulnier
Des petits punks, des gros néo-nazis, une salle de concert, une prise d’otage, des chiens de combat : fight. Par le réalisateur brillantissime de Blue Ruin. Besoin d’en dire plus ?
Cemetery of Splendor de Apichatpong Weerasethakul
Rien de moins chaos, a priori. Et pourtant, Apitchapong, par les moyens qui sont les siens, signe paradoxalement la scène chaos de l’année : une infirmière/médium embrasse un genou meurtri dans un palais fantasmagorique peuplé de fantômes, tandis qu’un protozoaire envahit le ciel bleu…
Mad Max : Fury Road de George Miller
Ben ouais.
Inherent Vice de Paul Thomas Anderson
Quand il se dégonfle un petit peu (mais pas trop), pour s’attaquer à un monument de Pynchon, PTA signe la comédie de l’année. Une sorte de lol-chaos sous psychotrope, une cimetière du sens et des idéaux qui parle des 70’s mais raconte aussi merveilleusement notre époque gorafiesque.
Aloha de Cameron Crowe
Bienvenue dans le film le plus bordélique de Cameron Crowe, qui signe là son chef-d’œuvre baroque, un film tout en arabesques romanticosmiques et amitiés Hawksiennes. Et parce qu’un film qui s’ouvre par un plan sur les étoiles ne peut être tout-à-fait mauvais. Witchi Tai To (les vrais comprendront).
Unfriended de Levan Gabriadze
En ce qui me concerne, le nouveau jalon du cinéma d’horreur, incroyablement peu vu en France. Desktop movie, datamoshing artefacts et found footage effects(pardon pour les anglicismes) s’y mêlent avec une virtuosité sans égale.
Le dos rouge de Antoine Barraud
Antoine Barraud, l’un des cinéastes français les plus chaos qui soit, signe là un grand film sur l’acte créateur comme vampirisme, avec Bertrand Bonello en complice victime. Monstre !
Kingsman : Services secrets de Matthew Vaughn
Tous les puissants de ce monde se réunissent pour fêter l’avènement d’un nouveau règne techno-capitaliste et, oh, boom, pas de chance, leurs têtes explosent soudain… En une scène, Matthew Vaughn réalise le fantasme politique ultime.
Gaz de France de Benoît Forgeard
Tout n’est pas réussi dans le premier long de Benoît Forgeard. Mais en matière de chaos-cinéma, il se pose là. Un Président fantasque et son cabinet véreux, bunkerisés dans les sous-sols de l’Élisée, avec pour seules fenêtres sur le dehors des paysages polynésiens dégueulant leurs pixels sur des écrans LCD (datamoshing encore) : ça reste une des plus fortes images qu’on ait vu cette année.
La visite de Manoel de Oliveira
Tourné en 1982 et interdit de projection jusqu’à sa mort, l’an dernier, La visite nous fait pénétrer dans la maison familiale de l’espiègle portugais, qui même outre-tombe continue de nous donner des leçons de jeunesse.
Sense8 de Andy & Lana Wachowski
C’est certes une série et pas un film, mais impossible de ne pas citer le chef-d’œuvre des Wachowski, qui réalisent ici la partouze ultime de tous les genres possibles, et inventent une nouvelle fluidité pour faire du chaos le plus beau des modes de vie. L’humanité sera sensate ou ne sera pas.
KINOSCRIPT
Knight of Cups de Terrence Malick
Des hommes, des femmes, des êtres creux dans un univers d’ultra consommation vide et sans issue. Un style et une forme unique en perpétuel mouvement.
Little Gay Boy d’Antony Hickling
L’autre film interdit aux moins de 18 ans de l’année, très John Waters période Pink Flamingos + Pasolini + les décadents anglais, provocateur et follement trash.
Love de Gaspar Noé
La comédie romantique interdite aux moins de 18 ans par le tribunal administratif par peur de traumatiser les scouts des années 50, le vrai film à rebours de Noé.
Mad Max Fury Road de George Miller
Toujours punk, toujours gauchiste et furieusement féministe, une bombe dans le cinéma de consommation.
Ni le ciel ni la terre de Clément Cogitore
Choc des cultures face à l’inconnu, une réussite dans le cinéma de genre.
La peau de Bax d’Alex Van Warmerdam
Le pilonnage des valeurs mortifères machistes par un cinéaste de plus en plus direct et rageur.
Ruined Heart : Another Lovestory Between a Criminal & a Whore de Khavn.
L’errance entre la vie et la mort dans un tiers monde, sidérant de beauté et de musique (Stereo Total).
Sous-sols d’Ulrich Seidl
La folie ordinaire confinée dans des caves aménagées en havre de paix, hallucinant et révélateur.
The Smell of Us de Larry Clark
Le corps, la chair, la liberté, Larry Clark en somme.
Yakusa Apocalypse de Takashi Miike.
L’après-Fukushima, un Japon qui s’enfonce inexorablement dans le néant apocalyptique.
STÉPHANIE LAMOME
The Knick de Steven Soderbergh
Parce que ce n’est pas une série médicale d’époque mais bel et bien un génial et méga long film d’horreur du siècle dernier opéré à cœur ouvert. Le meilleur film de Soderbergh ever.
Captives de Atom Egoyan
Marguerite et Julien de Valérie Donzelli
Les nouveaux sauvages de Damián Szifron
Pauline s’arrache de Emilie Brisavoine
Asphalte de Samuel Benchetrit
Tempête de Samuel Collardey
Chronic de Michel Franco
The Lobster de Yorgos Lanthimos
Fou d’amour de Philippe Ramos
ROMAIN LE VERN
Hormona de Bertrand Mandico
Parce que la semaine Mandichaos a ravi tous les lecteurs du Chaos. Parce qu’il importe, vraiment, de découvrir l’univers surréaliste, érudit, anxieux, dilettante, volubile, hilarant, vrombissant et libre de Bertrand Mandico, propice à tous les dérèglements et à toutes les transgressions. Et parce qu’on a beau chercher toutes les références qu’une telle expérience appelle, les trois films composant Hormona ne ressemblent qu’à eux-mêmes. Uniques et offensifs. Du cinéma comme on aimerait qu’il soit partout, tout le temps.
Pauline s’arrache d’Émilie Brisavoine
Parce que tant va la Pauline danser sur une version guitare électrique de la 25e symphonie de Mozart avec sa famille qu’à la fin elle se casse. Oh la la Pauline qui s’arrache, elle a tout déchiré en 2015.
Fires on the plain de Shinya Tsukamoto
Effroyable film de guerre intérieur (mental, métaphysique, agreste) sur des soldats japonais esseulés dans la jungle des Philippines en fin de Seconde Guerre mondiale. Avec zéro moyens, le génie de Tetsuo a bouffé du lion. Tout y est affreux, on adore.
Cosmos de Andrzej Zulawski
Parce que Cosmos marque le retour inespéré du réalisateur fou de Possession aux affaires, 15 ans après La Fidélité. Parce que ce film contient des choses que l’on ne voit pas dans 99% de la production annuelle – pêle-mêle, un moineau pendu, un poulet pendu, un chat pendu, des bouts de bois pendus, des traces bizarres au mur, des imitations d’animaux et Sabine Azéma maniant la hache en pleine nuit. Et puis, Jean-François Balmer qui chante et danse dans les bois pendant de longues minutes, pardon, mais c’est du 100% chaos.
Cemetery of Splendour de Apichatpong Weerasethakul
Parce que ce grand film-rêve étincelant célèbre la nécessité du trouble au cinéma, à une heure de standardisation exténuante, de super-productions déshumanisées. Merci Joe.
Knight of Cups de Terrence Malick
Après Tree of Life et A la merveille, Knight of Cups nous paraît la plus cohérente pièce de cette trilogie expérimentale. La plus puissante. La plus évidente. Ses images nous consolent, nous réparent, nous transportent, de manière immédiate puis fulgurante, vers une stratosphère inatteignable pour quasiment tous nos cinéastes actuels.
Anomalisa de Duke Johnson & Charlie Kaufman
TOUT est totalement CHAOS dans ce film d’animation pour adultes dépressif, paranoïaque, drôle et mélancolique racontant la nuit cauchemardesque d’un éminent spécialiste du service clientèle, seul dans sa chambre d’hôtel la veille d’une conférence. Un sommet : Jennifer Jason Leigh chante Girls wanna have fun de Cyndi Lauper, à deux reprises – dont une fois en italien!
The Look of Silence de Joshua Oppenheimer
Un ophtalmo itinérant affronte les bourreaux de son frère assassiné pendant les grands massacres de 1965 et 1966 en Indonésie et corrige la vue d’un pays gouverné par des monstres. Déchirant documentaire sur une vengeance calme et déterminée qui mise sur la sensibilité et l’intelligence de celui qui le regarde, renfermant des réflexions vertigineuses sur le déni, l’endoctrinement, le pouvoir de l’image et des mots. Le chaos a un cœur qui bat et des yeux qui pleurent.
Krisha de Trey Edward Shults
Premier film plutôt radical – et très clivant, à en juger les réactions – où un jeune réal offre à sa tante le rôle de sa mère (la Krisha en question) qui, après des années d’absence, profite de Thanksgiving pour tenter de réparer les erreurs du passé, parler de nouveau à son fils, aider à cuisiner la dinde et prouver à chacun qu’elle a changé. Le malaise s’installe dès la première scène (un plan-séquence où Krisha oublie son chien dans la voiture, se trompe de porte, revoit les membres de sa famille, subit l’indifférence de son fils etc.). Puis, lorsque la dinde tombe au sol, le récit devient une version home movie du Carrie de Brian de Palma. C’est si chaos que Krisha est insortable en salles et seulement visible dans tout plein de festivals (Cannes à La semaine de la critique, Deauville etc.).
The Lobster de Yorgos Lanthimos
Dans ce film au romantisme noir, fascinant et inquiétant jusqu’à l’hypnose, Yorgos Lanthimos ravive le surréalisme cher à Luis Buñuel en insistant comme lui sur la nécessité du casting de stars pour avoir les coudées franches tout en revendiquant un amour fou pour les eaux glacées du calcul égoïste. Et puis, la femme sans cœur remporte la Palme du personnage le plus chaos de 2015.
+ MENTION CHAOS AU VÉTÉRAN PETER GREENAWAY. Juste une parenthèse sur l’association Promouvoir qui s’est honteusement excitée sur Love de Gaspar Noé pendant plusieurs mois afin de l’interdire aux mineurs (cachez cette bite que je ne saurai voir). Mais nos amis ont manifestement oublié de voir le film d’un Dandy punk comme on les adore par ici. A savoir Peter Greenaway et Que viva Eisenstein (tout public!) qui contient quand même l’une des scènes de cul les plus (dé)culottées de l’année. Et Greenaway, plus discret et malin que Noé, de faire un élégant bras d’honneur. Que viva Greenaway, oui!
VINCENT MALAUSA
Mad Max : Fury Road de George Miller
Orgie chaos
Foxcatcher de Bennett Miller
Plongée d’une étrangeté radicale dans l’antre d’un gourou totalement creepy et nouveau chef-d’œuvre de Bennett Miller
Cosmos d’Andrzej Zulawski
Zulawski de retour des ténèbres : une certaine idée du bonheur
The Visit de M. Night Shyamalan
Le génie déplumé de Shyamalan à son meilleur pour une série Z à l’électricité macabre et jubilatoire
Il est difficile d’être un dieu d’Alexei Guerman
Supernanar pustuleux et scatophile qui s’impose comme le film chaos le plus repoussoir de l’année
Love de Gaspar Noé
Mélodrame porno, reptilien et hypnotique : un gros shoot de néant
Pourquoi j’ai pas mangé mon père de Jamel Debbouze
Ivre, Jamel se prend pour James Cameron
Un Moment d’égarement de Jean-François Richet
Richet réalise son premier film d’horreur et sombre avec ce voyage au bout de l’enfer néo-beauf
Knight of cups de Terrence Malick
Titubation cosmique qui flirte entre l’émerveillement et le vide le plus abyssal
Mon Roi de Maïwenn
Une évidence : Norman César de l’acteur chaos 2015
STÉPHANE DU MESNILDOT
1. «Voici ton fiancé!»
(Tag, de Sono Sion)
2. «On s’emmerde! Écoute y s’passe rien!»
(The Smell of Us, de Larry Clark)
3. Haaaaaaaaaaaaa !
(Inherent Vice, de Paul Thomas Anderson)
4. Culte interstellaire impie enfants du maïs prêcheur épouvantail
(Blackstar, de Johan Renck, clip de David Bowie)
5. Mamie à poil gratte les murs de la maison la nuit
(The Visit, de M. Night Shyamalan)
6. «Je tiens et tu lèches»
(Hormona, de Bertrand Mandico)
7. Le monde des corbeaux et de la mort
(Mad Max : Fury Road, de George Miller)
8. La mort de l’humanité à travers les yeux d’un androïde
(Sayonara, de Koji Fukada)
9. La dernière ballade du Roi de Rome
(Pasolini, de Abel Ferrara)
10. Pinku Bukowskien hilarant
(Lowlife Love de Eiji Uchida).
PHILIPPE ROUYER
Évolution de Lucile Hadzihalilovic
La réalisatrice d’Innocence réinvente l’aube de l’humanité avec de jeunes garçons et leurs mères sur une île perdue
It Follows de David Robert Mitchell
Une représentation sous forme de conte fantastique des grandes terreurs de l’adolescence. L’héritage de Tourneur et Carpenter.
Mad Max : Fury Road de George Miller
Le plus échevelé des films-poursuite. Pour la 4e fois, George Miller fait appel à ce fou de Max pour mettre en scène les dérives de notre monde.
La Nina del fuego de Carlos Vermut
Le sexe derrière la porte et le costume de manga hors de sa boîte. Quand le venin du propos contamine même les ellipses.
Knight of Cups de Terrence Malick
Au pays des malices de Hollywood, un chevalier erre de femme en femme pour mieux fuir un bonheur inaccessible.
Jupiter : le destin de l’univers de Andy et Lana Wachowski
Les auteurs du sublime Cloud Atlas ont revisité le mythe de Cendrillon dans un conte futuriste kitsch et trash
Cosmos d’Andrzej Zulawski
Le grand retour du réalisateur de Possession dans un film qui cherche l’intensité de l’instant dans le télescopage des émotions
Captives de Atom Egoyan
Pourquoi un pédophile a-t-il gardé près de lui une de ses proies, alors qu’elle a grandi ? Une plongée au cœur du mal.
Birdman de Alejandro Gonzalez Inarritu
3 jours dans l’esprit angoissé d’une ex-star de blockbusters qui a arrêté de jouer les super-héros pour monter du théâtre arty.
Inherent Vice de Paul Thomas Anderson
Plus folle que celle du Grand Sommeil, cette enquête d’un privé en crise existentiel suit la logique du coq-à-l’âne. À chaque nouvelle vision, on a l’impression de découvrir un autre film.
ERIC VERNAY
The Visit de M. Night Shyamalan
Pas besoin de budget pour réussir du même geste un film d’horreur, une comédie et un mélo familial tout en réfléchissant avec malice sur les pouvoirs du 7e art : il suffit d’être un grand cinéaste.
Tag de Sono Sion
Ou comment se faire trancher gaiement la rétine par une Alice au pays de Battle Royale avec des bouts de Phénomènes, des kilos de petites culottes et des hectolitres de sang.
Inherent Vice de Paul Thomas Anderson
PTA noie sa grandiloquence chronique dans les vapeurs de la weed, pour un stoner-polar spleenétique et hilarant, avec un Josh Brolin dans son meilleur rôle depuis… Les Goonies ?
The Other Side, de Roberto Minervini
L’Amérique d’Obama comme on ne l’a jamais vue, à travers ses rebuts white trash : une visite lumineuse et dérangeante chez des junkies amoureux du bayou et des paramilitaires paranos du Texas.
Pauline s’arrache, de Emilie Brisavoine
Quelque part entre Tarnation, A nos amours et Confessions intimes, un docu punk et terriblement attachant sur une ado paumée au milieu d’une famille déjantée.
Tangerine de Sean Baker
Bromance trans shootée à l’iphone (mais aussi au speed & à la punchline tarantinesque) pour un conte de Noël jubilatoire : that’s the shit, bitch!
Le bouton de nacre, de Patricio Guzmán
Ce n’est pas tous les jours qu’on hallucine devant un documentaire de science-fiction sur les blessures du Chili.
Jamais entre amis de Leslye Headland
Où l’on apprend que c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures leçons de masturbation féminine.
Lupino de François Farellacci
Mal-élevé, cru et incandescent, ce docu rock’n’roll sur des ados « larryclarkiens » d’un quartier pauvre de Bastia parvient à rendre bouleversante une chanson de Jean-Jacques Goldman – ce n’est pas rien.
Réalité de Quentin Dupieux
En plus d’être divinement dérangé, voilà un film qui te fait sacrément sentir à quel point Alain Chabat manquait à la comédie française.
