« The Last Showgirl » avec Pamela Anderson : Pam donne tout, le film lui rend rien

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De Playboy au sable de Malibu, des relations tumultueuses à la sex tape de tous les scandales, en passant par un exercice d’auto-parodie à l’odeur de dépit (son passage dans Scary Movie 3 ou Blonde & Blonder) pour se terminer avec une passerelle vers l’écologie, voilà des années que Pamela Anderson tente tant bien que mal de se défaire de son image de bimbo décervelée. Après un passage à Broadway et un documentaire touchant (Pamela : a love story balancé sur Netflix), vient enfin le cinéma avec The Last Showgirl : on arrive donc à l’étape du film taillé sur mesure, au come-back flamboyant, à la réappropriation de soi. Un exercice pas si éloigné de celui de Demi Moore avec The Substance, le chaos en moins. L’idée reste tout de même séduisante, encore faut-il outrepasser le gros point noir du projet : c’est Gia Coppola qui se trouve aux commandes, nepo baby et transfuge loupé du vieux Francis. Qui se souvient justement de son fadasse Palo Alto, qui semblait bizarrement singer le cinéma de sa propre tante Sofia ? Pas grand monde, oui…

Pamela endosse les sequins d’une showgirl dont le spectacle est à l’agonie. Alors, on papote avec les collègues, on essaie de renouer avec sa fille, on fait des castings… Les enjeux sont maigres, c’est vrai, mais avec un bon réal, qui sait ? Manque de bol, on le cherche. Tout le package ciné indé est là et grésille à loisir : l’image s’occupe elle-même d’agiter le sac de grain, d’aveugler à coups de flares ou de se flouter pour tenter de retrouver la verve d’un cinéma tremblotant, heurté. En bref, tout ce qui est censé le séparer d’un téléfilm du dimanche après-midi. On se SeanBakerise tranquillou au pays des déclassés, et Pamela, sweet Pamela, et c’est bien là le vrai drame, n’a pas grand-chose à jouer d’intéressant.

Avec son Las Vegas obnubilé par les jeunes corps, on tenait le parallèle avec Hollywood, et on était même prêt à accepter sa littéralité. Mais rien ne semble avoir d’importance, comme si Gia Coppola ne gardait qu’un œil sur son sujet et son actrice. Même lorsque ça bouge, la caméra, ivre, ne sait même pas où se positionner. Jamie Lee Curtis en serveuse enfarinée, la wig de traviole, se dandine sur Total Eclipse of the Heart : il faut imaginer tout le potentiel chaos avorté. Melo chamallow, drame flamboyant, comédie douce-amère, tranche de vie au bord de l’abîme, musical mélancolique : à vouloir éviter d’être tout cela, The Last Showgirl n’est finalement plus grand-chose. On se souvient chez Tonton Paulo du Vegas poubelle, vulgaire, où ça se pousse dans les escaliers, où ça gigote dans la piscine : ici, le plus compliqué est d’éviter une poignée de porte en montant l’escalier. Le gâchis est là, entier sous nos yeux, en espérant que Pamela Anderson trouvera par la suite un projet plus punchy. On se rattrape aux quelques apparitions de Dave Bautista qui confirment, après Knock at the Cabin, une présence de vieux lion fatigué à creuser davantage, définitivement plus Harvey Keitel que Vin Diesel.

12 mars 2025 en salle | 1h 29min | Drame
De Gia Coppola | Par Kate Gersten
Avec Pamela Anderson, Dave Bautista, Kiernan Shipka

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