[Stars du chaos 2023] Pauline Seigland et Lionel Massol (« Films Grand Huit »)

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« Bien placé pour s’imposer comme le coup d’essai le plus mémorable de 2023 »: voilà comment s’enflammait Gérard Delorme en mai dernier dans sa critique de Disco Boy, premier long-métrage (vitalicien!) du réalisateur italien Giacomo Abbruzzese. Mais était-ce vraiment un coup d’essai? On serait tentés de répondre par la négative, tant le cinéaste de 40 ans avait déjà été bichonné par ses deux vaillants producteurs sur son court précédent, I Santi, et tant la pratique assidue du dancefloor n’a rien de neuf pour les deux fondateurs de la maison Grand Huit (votre serviteur en sait quelque chose puisque l’une des têtes touffues qui dépasse de l’assemblée imbibée lors d’une des scènes nocturnes du film, c’est la sienne!)

Voilà 8 années désormais que la boîte rollercoaster partageant ses bureaux entre Paris et Quiberon – perron sursollicité l’été par des citadins épuisés avant de rallier Belle-Île-en-Mer – empile les films et les nominations, avec en point d’orgue cette soirée des César 2022 qui vit l’équipe monter sur scène pour récupérer non pas une récompense, mais deux trophées en or massif: meilleur court-métrage documentaire pour Maalbeek d’Ismaël Joffroy Chandoutis (passé par la Semaine de la Critique 2020) et meilleur film de court-métrage tout court pour Les mauvais garçons d’Élie Girard… Les mauvais garçons en question s’appelant, au passage, Aurélien Gabrielli et Raphaël superstar Quenard, que nous avions déjà repéré à l’époque (soit trois ans avant Télérama)!

Propulsée donc par ce premier long berlinois après une vingtaine de courts mêlant les influences et les genres, l’année 2023 fut donc celle de la mise sur orbite pour nos deux inséparables, rencontrés lors d’un BTS audiovisuel commun à Toulouse, avant d’intégrer l’école des Gobelins et de vaquer quelque temps chacun à leurs propres occupations afin de se faire la main. Plusieurs de ces projets devraient animer l’agenda festivalier de 2024.

D’abord Les Fantômes de Jonathan Millet, film d’espionnage avec des agents syriens envoyés en Europe pour traquer les criminels de guerre complices du régime de Bachar: un scénario inspiré d’une histoire vraie qui cherche à renouer avec l’esprit paranoïaque des seventies et de Marathon Man en particulier (Memento à la distrib). De Syrie, il sera également question dans Rabia de Mareike Engelhardt où une jeune Française de 19 ans engagée dans le jihad se retrouve enfermée dans une maison de femmes daechienne avec une centaine de “comparses” venues du monde entier, où va se nouer une curieuse relation maître-esclave avec la directrice du lieu (feat. Megan Northam que vous avez vue dans Les passagers de la nuit). N’oublions pas non plus le coming-of-age aux accents horrifiques que s’apelorio Mi Bestia de Camila Beltran et qui nous plongera dans la peau d’une ado de Bogotá en 1996, effrayée par une éclipse lunaire que la rumeur associe étroitement à l’arrivée imminente du Diable (c’est New Story qui nous sortira ça). On s’en reparle lors de nos traditionnels pronostics cannois?

PS: On n’oublie pas notre cher Jules Reinartz, affecté aux courts et aux co-productions étrangères, qui fait lui aussi partie du duo trio (on ne va quand même pas interrompre notre dégustation d’huîtres pour reprendre à zéro notre papier)!

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