Peu avant de piétiner l’Angleterre boueuse de The Reckoning, un constat effarant nous vient à l’esprit: tous les petits malins ayant émergés durant la nouvelle vague d’horreur british des années 2000 ne sont finalement devenus… plus grand-chose.
Michael J.Bassett (Wilderness et Deathwatch), Jake West (Evil Aliens et Doghouse), Paul Andrew Williams (The Cottage), Christopher Smith (Creep, Severance, Black Death) James Watkins (Eden Lake, La dame en noir): tous se sont tournés vers la télévision ou des projets plus consensuels, abandonnant presque (on a dit presque) tout espoir de récidive dans le genre. Neil Marshall n’a pas failli à la règle, puisqu’il a réalisé de nombreux épisodes de Game of Thrones, filiation somme toute cohérente au vu de sa filmographie musclée.
L’annonce d’une plongée dans l’histoire anglaise, où les ravages de la peste noire se mêlent à la chasse aux sorcières, faisait en tout cas particulièrement saliver, occasion rêvée pour le réalisateur de The Descent de se refaire une beauté. Rangez votre bave et circulez: ses Spice girls en spéléo tenaient manifestement d’une brève épiphanie, et l’on est pas sûr de revoir ça de sitôt. En tout cas, on ne peut dire que The Reckoning soit un film à déception diffuse: les premières minutes ne laissent en effet peu d’espoir. Les ralentis interdits, l’image tristement numérique et télévisuel, mais pire, pire encore, l’idée d’esthétiser à mowr une séquence incroyablement tragique. Une villageoise se vautrant dans la fange pour décrocher son mari fraîchement pendu: flash-back incessants, slow motion en veux en voilà, et surtout une actrice principale on fleek, tendance mannequin Victoria Secrets, alors qu’elle semble vivre manifestement le pire jour de sa vie. Voilà, c’est fini. Déjà.
Et la suite ? Eh bien, manipulée par la plèbe masculine du coin, la jeune femme en quête de vengeance finit au trou, accusée à tort de sorcellerie et bientôt soumise à la question. Après 1h40 de calvaire, elle finira bien sûr par vivre sa vengeance, guidée sans doute par des forces obscures (étonnant, non?). On se doute bien que Marshall n’a pas attendu la mode du féminisme badass pour en faire, mais on soupçonne quand même que la vague meetoo et co lui ai donné l’envie de coller à l’actualité de manière un peu opportuniste: son cocktail de nudité gratos (dont un hommage au Baiser du vampire de Boris Vallejo) et de caractérisation balourde donne l’impression de voir un ado de 13 ans écrire un conte féministe et revanchard en imaginant lancer un pavé dans la mare. Gênant. (disponible le 20 Mai en dvd chez Metropolitan)


![[Y TU MAMA TAMBIEN] Alfonso Cuarón, 2001](https://www.chaosreign.fr/wp-content/uploads/2021/05/y-tu-mama-1068x601.jpeg)