« Sol Cesto », un jeu rogue-lite qu’on croirait sorti de « Métal Hurlant »

Sol Cesto, sorti en accès anticipé sur Steam ces derniers jours, est indéniablement une création bien de chez nous : publié par l’éditeur français Goblinz Publishing, le jeu est le drôle de fruit issu d’une collaboration entre Géraud Zucchini (game designer et YouTubeur, aussi connu sous le nom de Doc Géraud) et l’illustrateur Chariospirale. Il faut dire que cette origine franchouillarde se ressent au premier coup d’œil jeté sur le jeu : les illustrations de Chariospriale, artiste exerçant habituellement dans la bande dessinée, transforment chaque écran en une planche arrachée d’un vieux numéro de Métal Hurlant. Mélangeant un univers fantasy avec des éléments gentiment psychédéliques que n’auraient pas renié une Nicole Claveloux, Sol Cesto fait partie de ces jeux à la direction artistique tellement atypique qu’elle intriguera autant de joueurs qu’elle en rendra d’autres malheureusement hermétiques à la proposition.

Dommage pour ces derniers, car derrière l’univers bizarre et décalé du jeu – qui vaut d’ailleurs presque autant pour ses illustrations que pour sa musique et son sound design, franchement excellents –  se cache une très originale variation autour du rogue-lite. « Une de plus », me direz-vous, alors que nous chantions les louanges de Blue Prince pas plus tard que le mois dernier. Oui, mais c’est peut-être là la preuve que les genres ne sont pas autre chose que ce que chaque auteur décide d’en faire, et qu’il est tout autant possible de faire un énième ersatz ennuyeux d’Hadès que de proposer une variation décalée et fraîche du rogue-lite. Dans Sol Cesto, vous incarnez un personnage se rendant dans les profondeurs de la Terre pour délivrer le soleil. Proposant d’explorer les souterrains de différents biomes, Sol Cesto s’inscrit dans l’héritage des dungeon-crawlers, ces jeux vous proposant d’arpenter les différentes pièces d’immenses châteaux pour défaire des monstres et piller des coffres.

Ici, chaque écran correspond à un étage de cette sorte de donjon souterrain et se présente comme un ensemble de 16 pièces où se situent monstres, coffres et autres pièges. Le joueur peut choisir d’envoyer son personnage sur la ligne de son choix, mais ne peut pas choisir sur quelle case exacte il atterrira : tout est alors question de probabilités. Là où le jeu se transforme en une sorte de Balatro revisité, c’est que les probabilités initiales peuvent être trafiquées par un certain nombre d’items à débloquer ou à acheter. Si les pièces affichées à l’écran ressemblent de prime abord à des cases de BD, on se met rapidement à y voir plutôt les cases d’une machine à sous, dans lesquels l’enjeu est de naviguer au mieux pour maximiser ses gains – et minimiser ses risques. Mais les erreurs sont inévitables, et on perd rapidement des points de vie jusqu’à être renvoyé à la surface. Là, la dimension rogue-lite du titre prend tout sens, puisque l’on peut dépenser les sous accumulés pour révéler de nouvelles constellations stellaires dans le ciel qui débloquent des améliorations permanentes facilitant nos prochaines aventures dans les souterrains.

Disponible uniquement en accès anticipé pour le moment (ce qui veut dire dans une version non terminée, qui ne vous permet pas encore d’atteindre la fin), cet intriguant puits manque peut-être à ce jour d’un peu de profondeur dans ses mécaniques, qui ne permettent pas tout à fait au joueur d’améliorer sa maîtrise des systèmes et donnent parfois l’impression de jouer un peu au hasard. Malgré les intrigants visages croisés dans ses souterrains, Sol Cesto ne présente également pas pour le moment de véritable composante narrative, dont le manque se fait sentir une fois passée la surprise du premier contact. Mais cette originale proposition a suffisamment d’arguments pour attirer le joueur curieux dans son trou, et l’y voir peut-être tomber tout au fond si la chance lui sourit.

Les articles les plus lus

CANNES 2024 – LES ETOILES DE LA CRITIQUE

PALMOMÈTRE! Voici la page de notre guerre des étoiles...

Pendant ce temps, Santiago Segura signe un démarrage spectaculaire en Espagne avec « Torrente presidente »

Torrente presidente, réalisé et interprété par Santiago Segura, a...

Le remake chinois du film de monstre « Anaconda » se paye une bande annonce

Film de monstre star des vidéo-clubs en 1997 featuring...
spot_img

À lire absolument

spot_imgspot_img
ga('send', 'pageview');
error: Content is protected !!