À l’origine, le Singapore Sling est un cocktail dilué dans l’eau à base de gin, de cherry et de jus de citron qu’il faut servir très frais et décorer avec une cerise confite et une rondelle de citron. Au cinéma, c’est le titre d’un film chaos.
Il se faisait appeler Singapore Sling. Et c’était vraiment le genre de type à se retrouver dans des histoires qui ne mènent nulle part, poursuivant contre vents et marées des causes perdues. La sienne s’appelait Laura (tiens, tiens, on le connait ce prénom au cinéma…). Cela faisait déjà de nombreuses années qu’il ne l’avait vue. Il avait le pressentiment qu’elle était morte depuis longtemps et qu’il était amoureux d’un cadavre. Mais il n’arrivait pas à se résoudre à abandonner ses recherches.
C’est par une nuit de tempête que, blessé et sachant qu’il n’a plus rien à perdre, il parvient au seuil d’une maison dont il est sûr qu’elle est celle où vit désormais Laura. Au plus profond de la nuit, deux femmes sont là, à demi-nues, qui s’efforcent d’enterrer le corps d’un homme. L’épaule trouée par une balle, Singapore Sling ne peut rien faire. Plongé dans l’obscurité et la brume des souvenirs, il attend le jour pour pénétrer dans la maison. Il espère y retrouver enfin sa Laura, revivre son histoire d’amour et perdre le nord à nouveau. Mais telle une mouche qui se prend dans la toile de l’araignée, Singapore Sling va tomber entre les mains de ces deux femmes démoniaques qui vont se livrer sur lui à des jeux cruels du plaisir. Ligoté, violé et torturé, son sort sera amer. Elles iront au bout de leurs fantasmes sexuels, jusqu’à ce que plaisir et souffrance se confondent, dans un rituel incestueux, lesbien et sado-masochiste. Rien que ça.
Drôle de film trash et en même temps plastiquement soigné (beau noir et blanc, merci au chef-op) où le jour s’est couché pour éteindre le monde, dans lequel un brave détective tombe chez deux femmes diaboliques et qui ressemble à une parodie bizarre en noir et blanc de Laura, le classique de Preminger avec diverses influences à gauche et à droite (Aldrich, Morrissey, Godard…). On ne sait pas s’il s’agit là d’une mise en scène des fantasmes de Nikolaidis. Mais ce voyage dans les fantasmes sexuels d’une mère et de sa fille prend manifestement plaisir à tout transgresser (nécrophilie, inceste, transsexualité, S.M., jeux d’eau, vomi…). Ce qui l’empêche de rester dans la grande histoire du cinématographe chaos? Des afféteries, et l’impression de regarder un court gonflé en très long, souffrant de tout donner dans une première partie avant de sombrer dans les répétitions et les effets de style pesants dans la seconde. On saluera quand même le geste créatif qui ne manque pas de panache et l’on recommandera le visionnage à celles et ceux qui sont vraiment en quête d’exotisme. Ou qui ont soif.
1h 51min | ThrillerDe Nikos Nikolaïdis | Par Nikos Nikolaïdis Avec Panos Thanassoulis, Meredith Herold, Michele Valley Titre original Singapore sling: O anthropos pou agapise ena ptoma |
1h 51min | Thriller

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