« Silent night » de John Woo: à défaut d’une sortie en salles, célébrons ce revival en Blu-ray

Dans les années 1990, John Woo avait réinventé l’esthétique du polar grâce à un mélange de sentimentalité exacerbée et de virtuosité formelle, inspirant une quantité d’imitateurs qui ont reproduit ses maniérismes jusqu’au plagiat. Son héritage a trouvé un aboutissement extrême avec John Wick, dont le succès inattendu a incité ses auteurs à exploiter la formule par la surenchère, au risque d’anesthésier le spectateur. Paradoxalement, Silent night semble avoir été conçu en réponse aux excès de John Wick, comme pour montrer que l’important n’est pas la quantité, mais la simplicité et le retour à une forme de réalisme qui rend crédible l’action du héros. C’est presque une démonstration de la vieille recette «less is more», toutes proportions gardées, sachant que John Woo ne fait pas dans la dentelle quand il envoie la purée. Le thème est familier: un père de famille se transforme en punisseur après avoir perdu son fils le jour de Noël sous les feux croisés d’une bataille de gangs. Rendu muet à jamais par une balle tirée dans la gorge, il décide de se venger pour surmonter sa dépression. C’est là où intervient ce qui pourrait passer pour le gimmick du film, à savoir que tout ce qui suit sera sans paroles (ou presque). L’expérience est intéressante parce qu’au bout de très peu de temps, on ne s’en rend même plus compte, la fluidité de la narration démontrant l’inutilité des dialogues explicatifs. Woo s’en sort avec les honneurs, même s’il utilise des motifs qui sont devenus monnaie courante, comme un shoot em up dans un escalier en plan séquence. À voir comme un exercice d’ascèse de la part d’un maître autrefois réputé pour son exubérance.

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