Tourné huit ans avant Godzilla Minus One, Shin Godzilla est le premier Godzilla à faire table rase du passé et à amener la saga dans l’ère des effets spéciaux numériques – pour rappel, les kaîju eiga mettent historiquement en scène des acteurs déguisés en monstre qui s’affrontent dans des décors miniatures. Pari réussi pour Hideaki Anno et Shinji Higuchi, les deux co-réalisateurs issus de l’animation (Neon Genesis Evangelion, Nadia le secret de l’eau bleu).
Une mystérieuse créature apparaît dans la baie de Tokyo. Démuni, le gouvernement japonais n’est pas en mesure d’arrêter le monstre lorsque celui-ci arrive sur la terre ferme. Rapidement, il évolue et atteint une taille gigantesque en ravageant les rues de la ville. L’armée est impuissante. Un groupe de scientifiques est formé pour tenter d’éliminer la créature de l’on nomme Godzilla.
Une fois n’est pas coutume, Godzilla est une créature protéiforme dans cet épisode. Un choix d’abord pragmatique et financier pour la Toho qui y voyait l’occasion de vendre davantage de produits dérivés, mais aussi une opportunité pour les réalisateurs de donner vie à des monstres déments et cauchemardesques, comme si la saga lorgnait vers le body horror. Aux antipodes de Minus One, le film du duo Anno-Higuchi se situe dans un Japon contemporain, marqué par le traumatisme de l’accident nucléaire de Fukushima.
Presque anti-spectaculaire, à part une scène de destruction ébouriffante avec un Godzilla transformé en boule à facettes, projetant des rayons lasers dans son dos, Shin Godzilla se concentre uniquement sur la gestion de la crise par le gouvernement japonais. On ne sort jamais du cadre des bureaux des ministres, députés et autres sous-fifres, tandis que le film est pris dans un mouvement frénétique pour faire ressentir à la fois l’urgence de la situation et l’inanité des décisions des représentants politiques. Une forme de chaos émerge du montage ultra-découpé et de la caméra instable des deux cinéastes. Une mise en scène radicale, au service d’un propos satirique et anti-bureaucratique qui fait autant mouche qu’il épuise sur deux heures de film.
Imparfait comme son successeur, Shin Godzilla est l’un des rares reliquats de blockbusters à contre-courant des productions hollywoodiennes, et notamment des adaptations crétines du monstre sacré du cinéma japonais. Invisible en France pendant 8 ans, projections en festival mises à part, l’arrivée de Shin Godzilla en DVD/Bluray chez Spectrum est l’une des meilleures nouvelles de ce début d’année 2024. M.B.
Contenu et BonusÉdition limité et numérotée à 1000 exemplaires Boîtier Digipack avec fourreau Contient : – le 4K Ultra HD du film (HDR10) – le Blu-ray du film – un Blu-ray de bonus – le DVD du film (Dolby Digital) – un livret (16 pages)Blu-ray du film: Commentaire audio Interview de Shinji Higuchi Bêtisier Bandes-annonces Blu-ray bonus : Making of Modules sur les effets spéciaux Conférence de presse « Godzilla Project » by I:Cube |

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