« Rebel Ridge », « Dressé pour tuer », « J’irai comme un cheval fou »… La sélection du vendredi

Du cinéma, du Blu-ray, du jeu vidéo, du 2.0… c’est la sélection chaos du vendredi par la rédaction. Si on devait vous proposer de découvrir notre dernier coup de foudre, ce serait celui-ci…


QUENTIN BILLET-GARIN: Maine Océan de Jacques Rozier (ressortie à l’occasion de la rétrospective Jacques Rozier, actuellement en salles)
Si vous aimez l’océan, les plages vendéennes, le train, l’avion et la samba, allez voir Maine Océan de Jacques Rozier. Une comédie rafraichissante autant pour la galerie de personnages que pour sa mise en scène. Deux contrôleurs SNCF en crise existentielle, une avocate qui défend une chanteuse brésilienne, un marin-pêcheur susceptible et un producteur fallacieux se croisent au cœur d’un dispositif propice au chaos: si le contexte est bien déterminé à chaque situation, aucune chance de savoir où tout cela va finir. En résulte une jouissance comique, semés par des répliques bien senties et des corps constamment en mouvement – cf. la scène de fête et de danse, qui fait converger les plus grandes scènes musicales de l’histoire du cinéma. Un rare sentiment de liberté, qui s’adonne parfois à quelques moments mélancoliques, pour mieux faire composter le ticket de cinéma en direction du sublime. «Ch’tung à la gare


GÉRARD DELORME: Rebel Ridge de Jeremy Saulnier (Netflix)
Jeremy Saulnier confirme ses qualités de scénariste, dialoguiste, metteur en scène et directeur d’acteurs exceptionnel avec ce thriller ultra-tendu aux accents de western et de drame social sur un concept aussi original qu’efficace: le héros est spécialiste de la résolution de conflit, et dès le début où il est confronté à des policiers racistes et corrompus, la tension est à son comble, mais au lieu de la faire exploser, le script dense et dynamique la désamorce pour mieux la faire rebondir. Malgré l’adversité (production interminable, covid, défections,..), Rebel ridge est une réussite éclatante qui aurait mérité mieux que cette sortie sous le radar sans aucune promotion.


ROMAIN LE VERN: Rebel Ridge de Jeremy Saulnier (Netflix)
Parce qu’on aurait préféré voir le dernier long métrage du cinéaste et directeur de la photo américain Jeremy Saulnier sur grand écran, mais qu’il fonctionne malgré tout quand même très bien sur le petit.


JÉRÉMIE MARCHETTI: J’irai comme un cheval fou de Fernando Arrabal (DVD et Blu-ray aux Éditions Montparnasse)
La rencontre d’un Norman Bates et d’un nain magique donnent lieu à un conte antisocial et déviant, dont le contenu provoquerait quelques vapeurs à un certain public d’aujourd’hui. Clou du spectacle: Emmanuelle Riva découvrant l’ejac faciale sous le regard de son fils épileptique. Crazy Arrabal.


THIBAULT RIVERA: Rebel Ridge de Jeremy Saulnier (Netflix)
L’économie de moyen, voilà peut-être ce qui qualifie le mieux le cinéma de Saulnier, et qui donne à ses films une rugosité sans pareille.


GAUTIER ROOS: White Dog (Dressé pour tuer) de Samuel Fuller (Blu-ray, édition limitée chez ESC Édition)
Très librement adapté de Romain Gary, un Sam Fuller aux crocs acérés que je n’ai pas revu depuis longtemps et qui s’apparente dans mes souvenirs à quelque chose d’assez nerveux et d’assez furibard, telle une série horrifique poisseuse qui ne s’encombre pas d’un surmoi d’auteur. À voir à la maison dans une programmation en sandwich entre The Thing de Carpenter (le score est signé Ennio) et le Cujo de Lewis Teague (un autre canin bien dérangé du capiton).

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