Le trop méconnu Nuit Noire (One Dark Night) de Tom McLoughlin sera disponible en combo blu-ray/dvd le 16 février chez Rimini Editions. Accrochez vos ceintures, c’est du Chaos platinium.
On pourrait vous parler pendant longtemps du charme des séries B d’horreur des années 80, purs cauchemars flashy qui brûlèrent la rétine d’enfants égarés devant la défunte chaîne La Cinq. Le délicieux One Dark Night faisait partie de cette légendaire lignée de films impurs balancés à l’heure du dodo, même s’il faut bien se rendre compte que le film n’est ni culte aux États-Unis, ni en France. Ce qui, vu le résultat, paraît assez injuste. Car One Dark Night, à l’inverse de beaucoup de série B réjouissantes de ces années-là (les Demoni, les Night of the Demons, Spookies et autres Waxwork), ne fait pas rire du tout. En fait, il fait même carrément peur, ce qui peut franchement surprendre si on s’attend à passer un petit moment fun.
Ex-starlette mignonette des années 80, Meg Tilly n’était pas encore lancée, et joue la vierge éplorée en tentant de gagner le respect d’une bande de girls façon Pink Ladies dans Grease. Évidemment cruelles, elles lui lancent comme suprême défi de rester une nuit entière dans un mausolée, attendant le moment propice pour lui foutre la trouille. Mais ce soir-là, on a inhumé le corps d’un sorcier télépathe, responsable d’un récent carnage. Et pas sûr que le bougre soit moribond à 100 %… Un petit pitch con comme la lune, visiblement destiné à surfer sur un déjà lointain Phantasm. Sauf que le film de Tom McLoughlin (à qui on devra l’un des rares bons Vendredi 13, à savoir Jason le mort-vivant) vaut bien celui de Coscarelli dans la bizarrerie. Ce qui saute aux yeux, c’est le climat pesant, morbide, et finalement assez inédit dans ce genre de production. Le sempiternel thème du mort-vivant est même illustré de la manière la plus inquiétante et la plus surréaliste qui soit, avec des cadavres en lévitation, plutôt que de véritables zombies à la Romero. Avec en prime, un soin presque malaisant apporté aux maquillages, louchant davantage vers un réalisme nauséeux que du spectaculaire de bande-dessinée: chair ratatinée, difforme, fondue, rongée. J.M.
