« Maniac » et « Vigilante »: William Lustig à l’honneur pour Halloween

0
756

Visibles dans le cadre du marathon Halloween proposé par Shadowz, Maniac et Vigilante révèlent deux facettes du réalisateur William Lustig. Pour celles et ceux qui ne connaissent pas, attachez vos ceintures, ça secoue.

Si toute la hargne poisseuse du cinéma grindhouse devait tenir dans une affiche, ce serait bien évidemment celle de Maniac. «LES FILMS QUE VOUS NE VERREZ JAMAIS A LA TÉLÉVISION», scandait la VHS d’époque. La panthère Rene Chateau avait un peu tort, mais l’alliance du slogan choc baigné de jaune, les contours noir d’encre, la mare de sang dégoulinante: rien qui soit impossible à oublier. On pourrait pas mal s’égosiller sur le fait qu’on a fait sans doute plus virtuose, plus dérangeant, plus tordu, plus trépidant que Maniac. Mais à l’évidence, rien ne prête à rire dans ce petit budget malaisant et maîtrisé, coincé entre deux époques, solidement harnaché aux larges épaules d’un acteur aussi formidable que Joe Spinell, littéralement ici dans le rôle de sa vie.

Spinell joue Frank Zito, le fiston à sa maman, l’ours gras, le trancheur de crâne, qui lèche les vitrines new-yorkaises en scrutant les mannequins figés comme autant de futures victimes ou de fantômes à venir. Avant les mythiques Henry: Portrait of serial Killer ou Schizophrenia, William Lustig entrait à sa manière dans la psyché d’un tueur inventé de toutes pièces, avec tout de même de gros morceaux d’Ed Gein en dedans. On admire encore son art à suggérer les traumas de son personnage plutôt que de les illustrer, la musique giallesque de Jay Chattaway, les scalps dégueulasses du roi du gore Tom Savini, ou la grande scène de poursuite dans le métro, repompée ad nauseum dans autant de slashers bas du front. Si Maniac a des rides, elles lui donnent assurément du caractère.

Également disponible sur la plateforme pour le marathon Halloween: Vigilante! Plus éloigné de l’âpreté presque documentaire de son Maniac, William Lustig signe la série B carrée par excellence, stylisée et brutale, pas loin de jouer d’ailleurs sur le même terrain que le John Carpenter de l’époque. Et impossible de ne pas évoquer le score grisant et explosif de Jay Chattaway, qui y signe sans contestation possible sa meilleure partition.

Chemise ouverte, veste en cuir et dents serrés, Fred Williamson commandite son petit groupuscule d’auto-défense, prêt à débroussailler de la racaille new-yorkaise. Robert Forster, l’honnête homme, l’agneau made in america, refuse de s’immiscer dans ce clan armé jusqu’aux dents jusqu’à que son petit garçon finisse en mousseline après un vilain coup de shotgun. La justice et les tribunaux ne suffiront pas, et la guerre des rues est déclarée. Bref, vous connaissez bien le topo des Vigilantes, sous-genre musclé et rocailleux du cinéma d’exploitation qu’il vaut mieux revoir avec le plus grand des reculs, surtout en ces temps fort troublés. Bien nommé pour le coup, Vigilante est peut-être un de ses représentants les moins crapouilleux et l’un de ses plus réussis. J.M.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici