« Lisa Frankenstein » de Zelda Williams: pastiche relou des films chelous des années 80

1989. Une lycéenne ringarde réanime accidentellement le cadavre d’un beau jeune homme d’un autre siècle. Elle l’aide à s’adapter à la vie moderne et à en faire l’homme de ses rêves. Croyez-nous, on n’avait rien contre une nouvelle relecture de Frankenstein. Et on s’est même surpris, un bref instant, à se dire qu’il y avait ici un potentiel à la May (Lucky McKee, 2002), racontant l’itinéraire d’une jeune femme qui, en raison de sa terrible solitude et parce qu’elle n’arrivait à nouer des liens affectifs durables avec les autres (cette masse intolérance), finissait par créer un monstre capable de la comprendre et de l’aimer. On a hélas rapidement déchanté et on comprend mieux le bazardage en direct-to-Blu-ray.

Sans être haïssable (faut pas déconner), Lisa Frankenstein se voudrait une réponse à Une Créature de rêve de John Hughes (1985), en faisant d’un monstre un prince charmant, mais ça ne répond juste qu’aux canons éculés d’un cinéma de genre empestant la naphtaline et sans le moindre relief qui veut absorber tout le cinéma indé-chelou US des années 80/90 (Heathers par-ci, du Burton de Beetlejuice et Edward aux mains d’argent par là) et qui ne produit qu’une fadasse comédie romantique zébrée d’afféteries goreuses. Malgré l’abattage des comédiens principaux (Kathryn Newton et Cole Sprouse), ça tangue si dangereusement vers la parodie (bande-son harassante, photographie kitsch) que les scènes en deviennent dévitalisées. C’est dommage pour Diablo Cody qui ne trouve pas la bonne mise en images de ses intuitions une fois encore après Jennifer’s body (Karyn Kusama, 2009). Et ça l’est encore plus pour Zelda Williams qui signe là son premier long. Mais il y a au moins une qualité: Lisa Frankenstein donne envie de revoir les films dont il s’inspire.

1h 42min | Comédie, Epouvante-horreur, Romance, Science Fiction
De Zelda Williams | Par Diablo Cody
Avec Kathryn Newton, Cole Sprouse, Liza Soberano

 

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