Nicolas Winding Refn, réalisateur: « Il y a eu un avant et un après avec Massacre à la tronçonneuse »

0
1277

QUOI DE PLUS CHAOS QUE NICOLAS WINDING REFN ? (PAR PHILIPPE ROUYER)
« Parce qu’au fil de sa trilogie Pusher, il a récupéré le thème de la rédemption cher à Scorsese pour élever le polar au rang de quête mystique. Parce que Bronson est le plus nihiliste des films de prison. Parce que Le Guerrier silencieux est au film de vikings ce que 2001 l’Odyssée de l’espace est à la science-fiction. Parce que Drive a ouvert les yeux des aveugles. Parce que Only God Forgives cultive l’ultra violence dans un univers mental. Parce que L’Art du regard, le superbe album qu’il publie ces jours-ci à La Rabbia offre un vertigineux panorama d’affiches de films chaos qu’on aime ou qu’on rêverait de voir. » P.R.

Quel est votre rapport au cinéma?
Nicolas Winding Refn : Le cinéma est l’alliance de toutes les autres formes artistiques, l’art le plus accessible et, à mon avis, le plus universel. Je n’ai pas de préférence particulière, mais je suis plus sensible à la personnalité ou au point de vue qu’à la qualité.

Quel est le premier film que vous avez vu ?
Le premier film que j’ai vu à la télévision, c’était le premier King Kong (Merian C. Cooper & Ernest B. Schoedsack, 1933). Le premier film vu dans une salle de cinéma, c’était Fat City (John Huston, 1972)

Quels sont les films qui vous ont marqué par l’intensité de leurs images ?
Les premières images que mon cerveau a imprimé viennent de Il était une fois dans l’ouest (Sergio Leone, 1968), 2001 l’odyssée de l’espace (Stanley Kubrick, 1968) et Massacre à la tronçonneuse (Tobe Hooper, 1974).

Est-ce qu’il y a déjà eu un avant et un après avec un film ?
Oui, avec Massacre à la tronçonneuse. Avant ça, je regardais les films plus ou moins comme du divertissement de masse. Mais après avoir vu ce film, j’ai compris que le cinéma pouvait également être une forme artistique pure dirigée par un réalisateur.

Pensez-vous que l’on fera encore des films en 2050 ?
Je crois qu’il y aura des films pour toujours. Aucune forme artistique ayant été inventée n’a été exterminée.

Le dernier film vu et adoré ?
My Life directes by Nicolas Winding Refn, réalisé par Liv, ma femme.

QUIZ CHAOS DU CINÉPHILE
Un film : La vie est belle (Frank Capra, 1946)
Une histoire d’amour : Liv Corfixen (ma femme)
Un rire : Arsenic et vieilles dentelles (Frank Capra, 1941)
Une vision : Stalker (Andrei Tarkovski, 1979)
Un acteur : James Stewart
Une actrice : Betty Davis
Un clown triste : Charlie Chaplin dans Les lumières de la ville
Un début : mes enfants
Une fin : La vallée des plaisirs (Russ Meyer, 1970)
Un twist : Requiem pour un massacre (Elem Klimov, 1985)
Une scène clé : la course-poursuite en voiture dans French Connection (William Friedkin, 1971)
Un plaisir coupable : Andy Milligan
Une révélation : Massacre à la tronçonneuse (Tobe Hooper, 1974).
Un rire : la sincérité
Un film malade : N’importe quel film avec Will Ferrell
Un rêve : La montagne sacrée (Alejandro Jodorowsky, 1973)
Une mort : Scarface (Brian de Palma, 1983)
Une rencontre d’acteurs : Tous les acteurs dans Meurtre d’un bookmaker chinois (John Cassavetes, 1976)
Une scène de cul : Ne vous retournez pas (Nicolas Roeg, 1973)
Une réplique : La Horde sauvage (Sam Peckinpah, 1969)
Un silence : Metropolis (Fritz Lang, 1927)
Un choc : Pretty Woman (Garry Marshall, 1990)
Un artiste sous-estimé : Charles Bronson
Un traumatisme : Une femme sous influence (John Cassavetes, 1974)
Un gâchis : l’argent
Un souvenir qui vous hante : l’école
Un film français : Le Samouraï (Jean-Pierre Melville, 1967)
Un réalisateur : Fritz Lang
Allez, un second réalisateur : Sam Peckinpah
Un fantasme : n’importe quel film de Hayao Miyazaki
Un baiser : Seize bougies pour Sam (John Hughes, 1984)
Une bande-son : Il était une fois dans l’Ouest (Sergio Leone, 1968)
Une chanson qui n’a jamais été aussi bien que dans un film : Jumping Jack Flash dans Mean Streets (Martin Scorsese, 1973)
Un somnifère : N’importe quel film qui se revendique de bon goût
Un frisson : La maison du diable (Robert Wise, 1964)
Un monstre : Godzilla
Un torrent de larmes : La vie est belle (Frank Capra, 1946)

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici