« Le sang des autres ou la volupté de l’horreur »: vous avez 1h32 pour répondre à ce vaste sujet

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Le sang des autres ou la volupté de l’horreur, Les chemins de la violence, Perversions Sexuelles, Love Brides of the Blood Mummy… Autant de titres abracadabrantesques pour cette bande perdue de chez perdue, jamais réapparue après sa sortie cinéma en 1973. Des filles nues, oui, il y en a dans ce Sang, puisque les titres causent de «volupté» et de «perversions sexuelles». Elles se trouvent ici à la merci d’un pharaon ressuscité par un châtelain un peu sorcier sur les bords: le khôl encore frais, la jupette brillante, le revenant ne dit mot et ne s’agite qu’à la vision de jeunes femmes farouches. Exploitation oblige, celui-ci s’empresse d’appliquer une rigueur toute sadienne sur ces dames, avec flagellation, tortures, viols, et parfois orgasme suivit d’un petit coup de canine bien placée. De Dracula, en passant par la Momie, Frankenstein ou Sade, ce mélange de mythe semble clairement tirer ses origines de sa fibre espagnole: à la même époque, l’ibérique Paul Naschy ressuscitait avec la même gourmandise libidineuse les grands mythes de la littérature fantastique.

Dommage qu’en dehors de ses beaux paysages, Le sang des autres ait à ce point du mal à se gargariser de la même fièvre gothique qui possédait tout entier Naschy, avec une répétition assez peu imaginative dans les sévices, quand il ne se vautre pas dans le comique involontaire (le serviteur zélé cueillant à coups de pains dans la tronche les paysannes perdues). Là où Marti/Ruder se distingue, c’est probablement dans l’ouverture et la conclusion du récit, dont le charme n’est pas sans rappeler les nouvelles de Maupassant, avec, en outre, l’apparition d’une incroyable main coupée animée en stop motion. Une trouvaille horrifique et poétique de taille qui tranche avec les excès crapoteux qui le précédent, néanmoins habillés par une superbe b.o de Max Gazzola, qui partira quant à lui œuvrer du côté du porno. J.M.

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