« La Peau du milieu » de Gabriel Pomerand, joyau chaos à découvrir sur Henri

Henri, la plateforme VOD de la Cinémathèque, vous propose de découvrir un court métrage chaos de 13 minutes: La peau du milieu, de Gabriel Pomerand dans lequel le poète et explorateur des mondes clandestins, premier compagnon d’Isidore Isou avec qui il a constitué en 1945 le groupe lettriste, filme les tatoués de Paris grâce à Robert Giraud. Soit des tatouages et leur symbolique arborés par les criminels, les militaires ou les anarchistes. Certains font office d’état civil, d’autres évoquent un souvenir des colonies ou du bagne, manifestent des idées antimilitaristes ou patriotiques, témoignent parfois d’un amour perdu. Des hommes «aux corps transformés en un rayon de cartes postales» qui «passent leur vie à échapper aux étiquettes et à s’en coller». Un film de peaux, beau-bizarre, qui plaira aux amoureux de Jean Genet. Et, comme d’hab, c’est notre ami journaliste Philippe Azoury qui en parle le mieux: « La Peau du milieu est une anomalie à tous les endroits. C’est une pièce de treize minutes qui capte assez de réalité pour se passer du petit commentaire explicatif, tel qu’était la norme dans le cinéma documentaire en 1957. Gabriel Pomerand ne cherchait pas à éventer un secret : il filmait un monde souterrain qui portait sous la chemise les ordres et les blasons de sa déchéance, le sous-texte de sa malédiction. En filmant les tatoués du milieu, les dessins sur le corps des taulards, les peaux maudites de Cayenne, Pomerand entendait sans doute conserver ce secret pour l’éternité. Ces garçons sont donc des pharaons. Leurs peaux, des papyrus. Ce film, une pyramide, tombeau de rois. » A lire et à voir sur le site de Henri-oh-dis-moi-oui.

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