« La nuit érotique des morts-vivants »: quand on croit qu’il n’y a plus de Joe d’Amato, y’en a encore!

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Au cœur de son immense et décadente filmographie, Joe D’Amato a connu, comme le savent bien nos amis les bisseux les plus pervers, sa fameuse ère caribéenne. Soit une série de films sans grand rapport qu’il a tourné en République-Dominicaine (à Saint-Domingue, plus précisément), ajoutant un cachet exotique dès plus tendance en plein boom du sexe carte postale. Ce qui donnera les mémorables Sesso Nero, Porno Holocaust (avec son mutant très membré) ou encore Papaya dei caraibi. Et le spécimen du jour s’appelle l’onctueux La nuit érotique des morts-vivants, distribué chez nous sous le titre de La nuit fantastique des morts-vivants (tout de suite, ça fait la différence), qui mêlera avec succès les deux grandes tendances ritales de la fin des années 70: le hard sex et les zombies mangeurs de chairs humaines. Eros et Thanatos, main dans la main. Et nous, on est là.

Ici-bas, tout le monde est beau, tout le monde est sexy: Mark Shannon exhibe sa légendaire pornstache en entrepreneur saligot qui lève deux filles dans sa chambre d’hôtel, George Eastman, futur Anthropophagous, fait saillir ses pectoraux en Capitaine Haddock de fortune, Dirce Furnari improvise en michto hautaine («C’est comme ça que j’aime les hommes: nu et un beau magot à la main», dit-elle en croisant son voisin de palier en situation embarrassante) et celle qu’on ne présente plus: queen Laura «Black Emanuelle» Gemser qui joue la carte du mystère en déesse fantomatique et inaccessible. Tout ce beau monde se retrouve piégé sur «l’île au chat», un bout de terre maudit hanté par des morts-vivants surgissant à la nuit tombée. Un beau prétexte pour aligner les scènes hot (quand il n’y a rien d’autre à faire, autant baiser!) et scènes horrifiques (quand il faut apporter un peu d’action, autant flipper!).

Un cocktail à la saveur interdite qui n’a rien perdu de sa fraîcheur, à condition d’accepter le rythme de croisière de cette escapade salée. Malgré le budget réduit et les nombreuses maladresses, La nuit érotique des morts-vivants atteint pleinement son objectif. Soit un Enfer des zombies low-cost parasité par ce satané carré rose, nous livrant au passage quelques décapitations prudentes et un arrachage de pénis gourmand. La BO absolument sublime de Marcello Gombini culmine d’ailleurs dans une des meilleures scènes du film: Eastman (qui réussit l’exploit de garder son jean!) et Gemser faisant l’amour dans une nuit américaine de velours alors que les revenants envahissent la plage. Un bonheur. J.M.

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