L’éditeur Severin Films sort fin mars deux films phares d’Alex de la Iglesia: Le Jour de la Bête (1995) et Perdita Durango (1997) en 4K Ultra HD Blu-ray. Deux films ayant bénéficié d’une restauration supervisée depuis un nouveau scan des négatifs originaux.
Dès qu’on parle d’Alex de la Iglesia, évidemment, le Chaos rapplique. Deux de ses meilleurs films sortent fin mars chez l’excellent éditeur Severin Films: Le jour de la bête (1995) et Perdita Durango (1997). Dans le premier, comme chez Buñuel, l’érudition catholique est mise au service d’un script paradoxal et réjouissant où un prêtre est amené à pécher le plus possible pour sauver le monde, avec l’aide d’un métalleux et d’un occultiste. Avec deux farces de gosse bête et méchant réalisées au début des années 90, soit donc Le jour de la bête et Action Mutante (réalisé avant et moins connu en France), ce cher Alex ignorait qu’il allumait la mèche du cinéma de genre espagnol: de grimaces en éclaboussures, les deux films dessinaient une filmographie de pur geek, freak lover sur le retour, ennemi du manichéisme et du bon goût. Tout pour plaire dans une industrie qui débutait à l’époque un curieux sommeil artificiel. Pour Perdita Durango, son premier film américain, Alex de la Iglesia vise bien, quitte la comédie horrifique mais garde un pied en territoire latino: entre Mexique et États-Unis, il adapte Barry Giffort, dont l’univers brûlant avait connu un sacré ravalement de façade dans Sailor & Lula. Un projet qui filera sous le nez de Bigas Luna, initialement prévu avec, accrochez-vous, Madonna puis Victoria Abril dans le rôle titre! On aurait presque voulu voir ça. Presque. Pas question en tout cas pour Iglesia de reprendre quelques maniérismes lynchiens: Perdita Durango retrouve le sadisme de BD tant prisé par le réalisateur espagnol, ce trait de salopiaud qui tire tout ce qui bouge. Mais là où tout se jouait dans l’excès et le rire gras, Perdita Durango est peut-être le premier film «humain» d’Iglesia, probablement son meilleur même. Au milieu d’une vague inexplicable de films de cavales meurtrières giga brûlantes (Kalifornia, Une nuit en enfer, U-Turn, Tueurs Nés…), Alex de la Iglesia ne s’inquiète pas de la concurrence. Quand on fracasse humour noir, extrême cruauté et tendresse pour les pourris, ça paye. C’est bien le cœur du film: ne pas s’arrêter à une simple provocation adolescente et aller au bout du geste, avec une superbe évocation de l’amour cinéma, de ce maigre drap blanc où l’on projette à l’infini au fantasme cinéphile, avec une citation toctoc de Vera Cruz à l’appui. Les dernières images où se posent la voix possédée de Screamin Jay Hawkins (qui s’octroie d’ailleurs un sacré petit rôle), sur la vision déchirante d’une héroïne revenue à zéro, sont peut-être les plus belles jamais pondues par l’ibérique cintré.
| Le jour de la bête
Ratio: 1.85:1
Audio: espagnol 2.0 Stereo, anglais 5.1 Surround, anglais Dub 2.0 Stereo
Sous-titres: anglais
Region: 0
Bonus:
Heirs Of The Beast, documentaire de Diego López et David Pizarro sur la création et l’impact culturel du Jour de la bête
Antichrist Superstar: entretien avec le réalisateur Alex De La Iglesia
L’homme qui a sauvé le monde: entretien avec l’acteur Armando De Razza La Belle et la Bête: entretien avec l’actrice Maria Grazia Cucinotta Shooting The Beast: entretien avec le directeur de la photographie Flavio Martínez Labiano Mirindas Asesinas: court-métrage d’Alex De La Iglesia |
| Perdita Durango
Aspect Ratio: 2.35:1
Audio: 2.0 anglais /5.1 anglais/5.1 Spanish Dub
Disque 1: UHD (et bande-annonce)/Disque 2: Blu-ray
Bonus:
On The Border: entretien avec le réalisateur Alex De La Iglesia
Rédaction de Perdita Durango: entretien avec l’écrivain Barry Gifford Danse avec le diable: le regard de la chercheuse Dr. Rebekah McKendry Perdita Durango et le culte de Matamoros: entretien avec Abraham Castillo Flores et l’auteur Jim Schutze Entretien avec le compositeur Simon Boswell Shooting Perdita Durango: entretien avec le directeur de la photographie Flavio Labiano |

