Paul Schrader présente « Master Gardener » à Venise (et se confie comme jamais à la presse)

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Tous les professionnels de la profession ont pu lire ce titre choc de Indiewire: « Paul Schrader pensait qu’il allait mourir alors il est retourné travailler ». Malade, il l’est, comme on a pu le voir à la conférence de presse, rapidement à bout de souffle, mais n’ayant perdu de sa fougue ni de son humour. « Je ne peux plus respirer, je ne pourrais même pas diriger une partie de mini-golf à l’instant présent », a avoué le réalisateur, lors d’une interview sur le Lido à la Mostra de Venise, où il a reçu un Lion d’or (comme notre Cathy, oui oui). « Je pourrais très bien être hospitalisé à nouveau demain ». Sa maladie, qui n’a pas été identifiée précisément, les médecins ne sachant lui dire s’il s’agissait d’une pathologie cardiaque ou respiratoire, s’est déclenchée quelques mois plus tôt, alors qu’il finissait son dernier long métrage Master Gardener avec Sigourney Weaver et Joel Edgerton. Dans la veine de ses deux précédents films (les excellemment chaos First Reformed et The Card Counter), il y est question dans celui-ci d’hommes hantés par les fautes de leur passé, de violence, de paternité et d’une rédemption impossible. Le film raconte l’histoire d’un jardinier au passé obscur et extrêmement sombre, pris dans un triangle amoureux, sur fond de tensions raciales.

Si Master Gardener reprend des thèmes classiques, Schrader pense que la question raciale, qui émerge au fur et à mesure dans le film avec un personnage qui tente de surmonter son passé de néo-nazi sans en effacer toutes les traces, peut être brûlante aujourd’hui, « dans notre ère woke où tout est jugé en fonction de qui pourrait être offensé ». « Peut-être que (le film) n’est pas réaliste, peut-être que ça ne pourrait jamais arriver. Mais c’est ce à quoi l’art sert. À créer des hypothèses », ajoute Paul Schrader.

Ses trois derniers films semblent indissociables avec leurs personnages cherchant la rédemption, au point qu’on pourrait y voir une trilogie. « Quand j’ai commencé à écrire le troisième, un ami m’a dit que c’était une trilogie. J’ai dit, non, pas du tout ! Mais ensuite je me suis rendu compte que c’était le cas ». Travailler aujourd’hui est totalement différent, selon lui: les nouvelles technologies permettent de baisser les coûts de tournage, et donc de se libérer des contraintes des studios. « La bonne nouvelle, c’est que tout le monde peut faire un film aujourd’hui. La mauvaise, c’est que personne ne peut en vivre ». A.V.

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