[HOMMAGE NICOLAS ROEG] « Un lent – et miraculeux – dérèglement de tous les sens » par Fabrice du Welz

Nous avons demandé à des journalistes et des cinéastes dans quelle mesure le cinéma de Nicolas Roeg avait bouleversé leur parcours de cinéphile. Réponse de Fabrice du Welz.

«Les films de Nicolas Roeg m’ont accompagné très tôt. J’avais découvert en premier Ne vous retournez pas – je ne m’en suis d’ailleurs jamais complètement remis – et j’étais tombé amoureux du film et de son créateur. J’ai vu le reste de sa filmographie, plusieurs fois, jusqu’au jour où quelques années plus tard, alors que je présentais mon premier film Calvaire à Neufchâtel, Nicolas Roeg, président du jury s’avance vers moi et m’arrête, hilare: «What a great film, even the pig is fantastic!». A mes yeux, Roeg a toujours été un cinéaste Rimbaldien, son cinéma (notamment ses grands films des années 70, début 80) en forme de mosaïque elliptiques provoquent un lent – et miraculeux – dérèglement de tous les sens.»

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