GONCOURT CHAOS: LES 5 COUPS DE ❤ DE NOTRE BAPTISTE

On le dit peu mais notre Baptiste Liger, dont vous appréciez la plume chaos, est aussi rédacteur en chef du magazine Lire. In the name of chaos, il nous donne ses cinq coups de cœur de la rentrée littéraire. 5 livres sur lesquels il faut se jeter.

Aux Confins du monde – Karl Ove Knausgaard (Denoël)
«Il faut vraiment que le lectorat français se réveille: il y a aujourd’hui un très grand écrivain dans le domaine de l’autobiographie, il est norvégien, il est traduit, applaudi et (déjà) étudié dans le monde entier. Il s’appelle Karl Ove Knausgaard et, à l’international, il est bien plus apprécié que bien des auteurs de chez nous dont les «autofictions», malgré une presse française en extase, peinent à dépasser le périph’… Après La Mort d’un père, Un Homme amoureux et Jeune homme, on peut découvrir Aux confins du monde, dans lequel notre viking revient sur son expérience d’enseignant, dans les années 80. Il avait alors tout juste dix-huit ans – eh oui!-, et se retrouve dans une petite bourgade portuaire où l’on s’ennuie beaucoup. Alors, il boit, pour se réchauffer, se motiver, penser aux voyages qu’il va faire, aux textes qu’il va peut-être écrire et aux filles (pas toujours majeures…) qu’il rêve de, comment dire?, conquérir… C’est brut, c’est juste, c’est beau. Merci KOK!»

C’est le cœur qui lâche en dernier – Margaret Atwood (Robert Laffont)
«Il aura fallu le succès de la – formidable – série TV The Handmaid’s tale pour que le grand public français découvre Margaret Atwood qui, pourtant, est considérée dans les pays anglo-saxons comme un monstre sacré. Sans elle – et ce qu’on apprécie ou pas ces ouvrages -, il n’y aurait probablement pas eu toutes les dystopies pour adolescents à la Hunger games ou Divergente, par exemple. Plus de trente ans après l’immense La Servante écarlate, la Canadienne nous propose un nouveau brillant roman d’anticipation, dans lequel elle imagine une cité futuriste proposant à ses habitants de passer la moitié du temps dans un joli pavillon et l’autre… en prison! Cette – pas si… – drôle d’idée lui sert de point de départ à une réflexion sur l’abandon des libertés, le contrôle de celles-ci, le commerce du corps, le post-humain, etc.»

Underground Railroad – Colson Whitehead (Albin Michel)
«Un doublé Pulitzer-National Book Award, ça n’est pas si fréquent. C’est pourtant ce qu’a reçu l’écrivain américain pour ce pavé de près de cinq cents pages qui revisite de manière virtuose la mythologie du chemin-de-fer américain et la question de l’esclavage. Mais, pour rester dans les prix, cet ouvrage s’est vu également être auréolé du Prix Arthur-C.-Clarke, qui récompense le meilleur roman de S.F. de l’année. En effet, il ne s’agit pas d’une parabole historique académique, mais d’une œuvre relevant de la littérature dite «de l’imaginaire», avec la fuite de la jeune Cora le long de cette ligne à travers les États-Unis. De cette odyssée – bourrée de fulgurances poétiques -, Whitehead tire une méditation violente sur le racisme et les conflits issus de celui-ci.»

Souvenirs de la marée basse – Chantal Thomas (Seuil)
«On connaît généralement Chantal Thomas pour ses romans «historiques», comme Les Adieux à la reine ou L’échange des princesses. Mais elle a également une veine plus intimiste, à l’image du sublime Cafés de la mémoire. On retrouve cette même mélancolie, subtile et sensible, dans le récit Souvenirs de la marée basse à travers elle évoque la figure de sa mère, Jackie. Le sujet n’a certes rien de bien original, mais tout est affaire de ton: au-delà d’évocation biographique, il est impossible de ne pas être saisi par ces pages sur la nage – en particulier le crawl -, et sur les plages d’Arcachon ou de Méditerranée…»

L’Avancée de la nuit – Jakuta Alikavazovic (L’Olivier)
«On tient là, au niveau de l’écriture, le plus beau roman français de cette rentrée et, dans sa structure, le plus singulier – pas un hasard, dès lors, s’il y est question d’architecture… L’Avancée de la nuit a pourtant un argument simple: la fascination d’un étudiant pour une mystérieuse jeune fille résidant dans l’hôtel où il a décroché un job. Mais tout est sinueux chez Jakuta Alikavazovic: les temporalités s’entremêlent, les songes et la réalité, l’explicite et les non-dits. Les origines finissent toujours par vous rattraper, aussi sûrement que le spectre de la guerre et l’Histoire qui se répète… Pour toutes ces raisons, je crois qu’on tient là un Prix Médicis idéal – qui doit en théorie distinguer une œuvre particulièrement audacieuse et inventive dans sa forme. Moi, je dis ça…»

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