ÉTRANGE FESTIVAL 2016. « TRASH FIRE » & « UNDER THE SHADOW »

Deux films chaos à L’étrange Festival 2016: «Trash Fire» de Richard Bates Jr. et «Under The Shadow» de Babak Anvari. Review.

TRASH FIRE de Richard Bates Jr.
Bien qu’imparfait, on avait quand même bien aimé Excision et son ado crado noyée dans ses pulsions nécrophiles. On s’était dit que Richard Bates Jr aimait bien s’aventurer dans les zones grises, dans le sick sad world comme on l’aime. Et puis voilà Trash Fire. Et puis là on se dit very bad chaos. Vraiment.
Owen et Isabel forment un couple, osons le dire, de merde. Vous savez ces couples qui passent leur temps à se balancer les pires horreurs de la terre mais restent quand même ensemble parce qu’entre deux assiettes dans la gueule, il y a de l’amour (enfin du moins, c’est ce qu’ils disent). Voilà, c’est eux. Un jour, Isabel tombe enceinte et Owen décide de devenir un gentil papa malgré ses tendances borderline. Mais à une condition: qu’il présente enfin sa famille, ou du moins ce qu’il en reste après un incendie ayant traumatisé Owen à vie. Avec le recul, on imagine bien un tel pitch tourné dans les 70’s par John Waters, avec Edith Massey dans le rôle de la grand-mère barjo. Or, Trash Firepréfère se balancer entre humour méchant à la noix et radicalité (soi disant) transgressive mais sans distanciation parodique. Sauf qu’il faut se faire une raison : ce n’est ni drôle, ni choquant, et c’est poussif de bout en bout. De la mise en scène (entre la photo cheap et les plans face caméra, c’est la fête) à l’écriture, Trash Fire ressemble encore plus à un premier film que Excision, pour ne pas dire à une provoc’ de fin d’études ciné. On s’accroche alors comme on peut à Annalyne McCord (qu’on rêverait de voir chez Verhoeven), que Bates s’amuse encore à défigurer en sœurette déglinguée; ou à Fionnula Flannagan, actrice chaos honteusement sous employée qui a au moins l’audace d’être totalement à fond dans son rôle de granny bigote et psychopathe.

UNDER THE SHADOW de Babak Anvari
Avec un bagage confortable (Grand prix au NIFFF quand même), on partait confiant pour ce Under the Shadow au postulat très étonnant. Il répond même tout net à une question qu’on peut se poser assez régulièrement : un background politique/historique fort peut-il sauver un film de genre ? Et bien…non. Clairement non. Et c’est dommage, parce qu’on y croyait.
Nous sommes à la fin des 80’s (ouiiiiiii les cours d’aérobic de Jane Fonda, ouiiiiiii Yazoo : don’t gooooooooooo) : Shided est une mère de famille, hélas pour elle au foyer. Freinée par ses antécédents militants, elle ne peut exercer le métier dont elle rêve. Alors que son mari part en zone hostile pour sauver des vies, la jeune femme voit sa fille adopter un comportement de plus en plus étrange, alors que dehors les bombes pleuvent. Si ça vous rappelle quelque chose, et en même temps pas du tout, c’est normal : deux récit s’affrontent dans Under the Shadow. Le premier, audacieux, c’est celui d’un femme emprisonnée d’une société anxiogène. Le second, c’est un film de fantômes qui rêverait d’être le Dark Wateriranien. On ne lui en veut pas, c’est ambitieux, mais ça n’excuse pas tout. De la fillette joufflue qui voitlamadameaufondducouloir à la fissure dans le mur, en passant par les hallucinations nocturnes et les fantômes drap-housses, tout Under the Shadow absorbe et régurgite les codes de la ghost storyjaponaise et espagnole, sans compter tout ce qui a pu sortir de l’usine à blumblum. Et à moins de ne pas avoir vu de film d’horreur depuis 20 ans, il est très difficile d’être effrayé par ce qu’on voit, recyclant même des jumpscare hyper agressifs (donc nazes). On pense aussi fort à un certain Mr Babadook, dans sa vision intéressante d’une parentalité chaotique (les recherches désespérées de la poupée laide vous rappelleront soit de mauvais souvenir en temps que parent, soit vous coupera toue envie de le devenir), mais aussi dans sa schizophrénie triste bon drame/mauvais film fantastique. Le film tente de pourtant de lier adroitement son aspect social et surnaturel (comme cette scène où l’héroïne terrifiée sort sans voile et se fait arrêter par les autorités), faisant des Djinns l’incarnation d’un mal planant dans l’air du temps. Tout ça c’est bien, c’est rigoureux, c’est intelligent, mais on aurait quand même voulu que ça copie moins sur le voisin.

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