[DIRECTION MULHOLLAND DRIVE] Journal sur les terres de David Lynch (part 1)

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1968

Notre journaliste Sina Regnault a arpenté Los Angeles pour un grand road-trip cinématographique. Première escale: Mulholland Drive, sur les terres de David Lynch. Première partie.

Episode 1: LAX
Los Angeles, ville de rêve et d’amour, de péché et de sexe, d’angoisse et de frisson. Ville de tous les drames, maîtresse du chaos. La première fois qu’on l’aperçoit depuis le hublot d’un avion, il se peut qu’on en ait peur. La ville se dévoile après une bonne douzaine d’heures de vol, et le passage d’une interminable chaîne de montagne qui précède un désert. Lorsque vous arriver au-dessus du Grand Canyon, le commandant de bord vous le rappelle: «Mesdames, messieurs, sur votre gauche, vous pouvez admirer le Grand Canyon.» – Entendu, mais où est L.A.? Comment peut-il y avoir une ville, quand on voit tout ce désert? Vous êtes sûr que c’est le bon chemin? La fatigue fait dire n’importe quoi. Dans ces cas-là, la meilleure chose à faire est d’attendre et de prendre des photos. Au bout d’un moment, le désert se fend en deux et la ville surgit, d’un seul coup, avec ses maisons alignées et ses rues parallèles, qui s’étendent à l’infini. Pendant la descente, les autoroutes et les rues ressemblent à un tapis de jeux pour enfants. À l’échelle 1:1.

«Quelle température fait-il, ici?», me demande le vieux monsieur assis à côté de moi. Il part visiter Tahiti avec sa femme, l’arrêt n’est qu’une escale. Ils ont passé les deux dernières heures à boire des mignonnettes de vin. Derrière eux, également un couple de retraités. Devant moi, la même chose. Tout ce beau monde part visiter la Polynésie française et sera escorté à l’arrivée par un cortège d’hôtesses. En sortant de l’avion, on me confond d’ailleurs avec le groupe et on me urge d’aller prendre le prochain vol. «But I am staying here, baby» – n’ai-je pas répondu. La répartie arrive toujours trois ans plus tard. J’aurais bien aimé pourtant : avoir autant de répondant. Comme face à l’agent de la douane quand il m’a signalé que mon visa arrivait à expiration le 2/22/2022. Formidable. Pour lui, c’était un grand événement. À la question: «Que venez-vous faire ici?» j’eus, plus tard, l’envie de répondre que j’étais un mordu de Disneyland, comme l’avait déjà fait Rudolf Martin dans Opération Espadon. Ne sachant pas sur quel pied danser avec son ton mi-figue mi-raisin, et sait-on jamais, j’ai simplement répondu que j’allais visiter les studios Universal. Ce qui était faux, bien sûr. «Alright, you’re all set, good to go». C’est tout ce que j’ai retenu.

Sorti de cet échange, tout ce qu’il me restait à faire, c’était de trouver la sortie. Ma première impression de l’aéroport a été la même que face à l’aéroport de Casablanca. L’intérieur a quelques similitudes, avec ses longs couloirs chauds et ses publicités délavées par le soleil. Aucune trace des mosaïques présentes dans Once Upon A Time in Hollywood. Pas non plus de nouvelles de Cliff Booth en total Levi’s blanc. Juste moi, débraillé, en train de réaliser que le mec de la douane m’avait laissé passer alors que je n’avais réservé aucun hôtel. Et que je n’avais pas non plus de bagage. Juste un sac à dos, pour un mois. Moi-même, j’aurais trouvé ça louche. J’y pense à ce moment-là, en marchant. L’aéroport est désert. Et en travaux. Un vrai chantier arrêté, ou abandonné sur place. Il est 15h30, heure locale, et la lumière ressemble déjà à un coucher de soleil. Mon premier réflexe est de presser le pas pour aller en direction du Theme Building. Une oeuvre stagnante, plantée au milieu des terminaux comme un vaisseau spatial qui aurait atterri là avant la construction. Un monumental quatripod, avec des arches paraboliques de quarante mètres de haut. Son style futuriste reflète l’ère de la conquête spatiale des années 1960 et se rattache au mouvement architectural Jet Age – très en vogue dans le sud de la Californie à cette époque. C’est une sorte de symbole, censé illustrer l’accueil qui a été fait aux gens qui ont fui les usines du Middle East américain. Ce même Theme Building que l’on voit dans la version télé de Mulholland Drive, quand Betty arrive à l’aéroport, au moment où elle est accompagnée du couple de retraités.

«Good luck, Betty dear. Take care of yourself, and be… Careful», lui dit Irene. On remarque, en la visionnant, que la version télé de 1999 est bien plus marquée géographiquement que la director’s cut. On peut y voir, pour chaque scène, un signe distinctif du type monument célèbre ou lieu connu, qui situe au mieux l’événement pour le spectateur. Ce sont là les codes de la télévision. Le but étant de toucher le plus grand nombre de téléspectateurs, de tous les âges, jeunes ou moins jeunes. Tiens, d’ailleurs, je me demande si mes voisins de cabine, à moi, ont passé un bon séjour. On ne saura jamais. Après avoir marché une distante qui semblait courte, mais qui en réalité était conséquente, le Theme Building se dévoile, avec son béton blanc magnifique, immaculé, intact, et coloré par la toute puissance de cette lumière jaunâtre, descendant progressivement jusqu’à l’orange. Je suis au même endroit que dans le film, quand Betty dit au revoir au couple, puis monte dans le taxi: c’est la même vue. Ça y est. Le pèlerinage Lynchéen peut commencer.

Dans une interview accordée à la chaîne Criterion, David Lynch confie qu’il a demandé à Naomi Watts de voir l’aéroport comme une petite fille verrait une montagne de bonbons ou de confiseries. Elle a donc ce regard excessivement émerveillé, qui la met dans une position d’ange tombée du ciel. La musique d’Angelo Badalamenti aidant à marquer ce caractère innocent et sage, et dissout aussi toute ambivalence quant à ses intentions, y compris lorsqu’elle répond à Irene qu’elle va bien évidemment la tenir au courant de sa future carrière. On imagine qu’ils en ont parlé dans l’avion. Elle dit avoir été anxieuse et pressée d’arriver. Je me demande ce qu’elle a pensé des rocheuses et du désert en les voyant. Le niveau des départs, où ils sont dans le film, et où je me trouve à ce moment-là, est situé au niveau supérieur, contrairement à celui des arrivées. Parce qu’il est plus haut, il permet de voir ce magnifique soleil doré qui impressionne quiconque arrive à L.A. pour la première fois. J’imagine que David Lynch a également été impressionné, lorsqu’il a débarqué ici, peu de temps avant de tourner Eraserhead, en 1971.

Je mets la musique de Badalamenti dans mes oreilles et je me laisse bercer par l’ambiance. J’oublie que je n’ai pas de téléphone portable valide pour ici, pas de cash non plus. C’est Thanksgiving, tout est fermé, et je ne suis pas équipé. On me donne l’impression d’être le dernier arrivé. Il n’y a aucun piéton. Que des voitures. Je prends le chemin qui me mène aux taxis avec un peu d’anxiété. Le soleil est déjà bas. Sous les ponts, l’ambiance est sombre, seul le haut des palmiers est éclairé. «I Love L.A., I love the light!», précise David Lynch dans l’interview de Criterion. C’est la première phrase de l’entretien. Tu m’étonnes! What a light! Il fait glauque et ça sent la weed, mais quelle lumière! Pas un nuage pour la filtrer, ou ne serait-ce que l’atténuer.

Episode 2: L’accident
À West Hollywood. Deux jours plus tard. J’ai trouvé un hôtel. C’est le même que dans La Mutante de Roger Donaldson. L’ex-Saharan Motor Hotel, rebaptisé Sunset West, situé à égale distance du Château Marmont et de l’étoile de Roy Orbison, près du Capitol Records Building. Roy Orbison est l’auteur-compositeur de la chanson Crying, reprise par Rebekah Del Rio dans Mulholland Drive, sous le titre espagnol de «Llorando». On l’entend lorsque le couple est au théâtre. Cette somptueuse interprétation a été enregistrée en une seule prise, Fresh from the street, comme dit David Lynch à son sujet. «Rebekah est arrivée, elle a chanté, a cappella, puis s’en est allée.»

Il est 4h30 du matin et je me jette frénétiquement sur le café de la chambre d’hôtel. Je pense à Dougie. Il n’est pas bon ce café en réalité. C’est une évocation de café, plus que du vrai café. Mais allons bon, passons. En regardant dans mon carnet, je vois que je suis à trente minutes à pied du croisement de Franklin Avenue et Vista Street. Je prends mon courage à deux mains et j’y vais, munie ma pièce d’identité, vingt dollars en poche, et mon appareil photo. Une fois sorti de Sunset, c’est la nuit noire. La première chose qui m’a frappé ici a été de voir à quel point les rues n’étaient pas éclairées. La nuit, pas d’éclairage public – en dehors des grands axes, et encore, seulement certains axes. Les trottoirs sont plongés dans l’obscurité la plus complète. À pied, cela peut surprendre. Surtout quand on est seuls et sans repaires. Je n’ose pas imaginer ce que cela a été pour Rita, désorientée par le choc. Je
me dirige vers cette fameuse intersection où l’on peut voir Laura Harring marcher dans les rues de L.A. Le personnage de Rita, amnésique et désespérée après son accident de voiture, s’en sort, voit la ville au loin et décide d’avancer à pied. De mon côté, c’est la première fois que je m’enfonce ainsi dans les quartiers résidentiels de Los Angeles.

Ici, ça a beau être un quartier huppé, situé juste en dessous les Hollywood Hills, la nuit, on entend souvent des hélicoptères. Et si on dort près de Sunset, il se peut qu’on entende des bruits de moteurs pétaradants, accompagnés de sirènes de police. Cette nuit-là, j’avais entendu ce qui ressemblait à une traque. Ça ne s’arrêtait pas. Ce que je réalisai plus tard était que Sunset détenait un potentiel Chaos bien plus hétérogène que les autres quartiers de la ville, moins réputés – plus calmes et plus sécurisés. Ici, on passe d’un terrain vague à un palace, d’une garderie de chiens de luxe à la vue de gens qui se piquent. J’avais à peine effleuré la surface. Sur le chemin qui mène à Franklin Avenue et Vista, je ne fais pas le malin, je trace ma route. Et je me trompe de chemin. Je passe Vista sans m’en apercevoir, réalisant seulement au bout de trente minutes de marche que je n’avais pas pris mon portable. Je ne peux donc pas regarder la carte. Ça avait pourtant l’air simple depuis l’hôtel: il fallait prendre à gauche, puis à droite et enfin tout droit. Là où je suis, il n’y a pas beaucoup de passages. Les rues sont remplies de déchets en tout genre : des sacs de courses, des emballages, de la merde humaine de clodo, et des jolies branches de palmiers burinées par le soleil – jamais ramassées. Les plaques de bétons ont parfois des bosses et je perds mon équilibre en marchant trop vite. Aujourd’hui, avec du recul, j’ai l’impression que c’était comme ça que cela devait se passer. Pas autrement. Quand Rita s’échappe de la limousine, elle ne marche pas très droit. On la voit se pencher, chanceler, marcher d’un pas affirmé, puis ralentir, tout en ayant peur de son ombre. Un peu comme le «first timer» que je suis à ce moment-là. Je ne peux pas m’empêcher d’y voir une certaine justesse. Un alignement des planètes, qui nous a fait marcher tous les deux au même rythme.

Dans cette ville mal éclairée, et pas adaptée pour les piétons, le dépaysement peut en étourdir plus d’un, surtout en attaquant la ville sans voiture. Marcher à L.A. c’est comme mener la vie d’un chat domestique. Tu attends beaucoup. Et quand tu peux avancer, tu te déplaces dans un monde qui n’est pas à ton échelle. L’humain n’est pas l’être vivant dominant. La voiture l’est. Je vois enfin Vista et reconnais la ligne de palmiers de mon fond d’écran d’ordinateur, resté à Paris. Cette longue ligne de palmiers sur le flanc gauche, et ces arbres ronds à droite, c’est sans doute là. Rita est passée par-là c’est sûr. Elle a trébuché où j’ai trébuché, cherché son chemin, comme moi, sans doute sans savoir où aller. Seule différence: elle est allée beaucoup plus loin que moi dans son aventure nocturne. J’y suis allé plus tard pendant le séjour, l’appartement de Coco est à environ une heure de plus, avec de bonnes jambes. Il faut repasser par Sunset et prendre au sud, sur La Brea. Là où ça ne donne pas du tout envie de marcher. J’admire le courage.

5h30. Je vois un gars faire son jogging et ça me rassure. Le ciel commence à devenir bleu. Je vais pouvoir faire des photos, et avoir une vue dégagée. Pour tourner la scène, David Lynch a placé un énorme spot lumineux à l’entrée de Vista, monté sur une grue amovible, qui éclairait la rue depuis le sud, face à Laura Harring donc, vue à contrejour dans le plan, se dirigeant vers la lumière. Il fallait y penser. C’était bien vu. En France, n’importe quelle rue, n’importe quel croisement est éclairé. Ici, c’est le noir complet. Le spot lumineux apporte non seulement une visibilité, mais permet de voir la ligne de palmiers sur les côtés, placés comme des barreaux de prison. Je suis au croisement de Vista et Franklin. le «STOP» est là. Dans le film, Rita se retourne, éclairée par les phares d’une voiture, puis continue son chemin sur Vista Street. Lynch a filmé le panneau 7400 W Franklin. C’est le deuxième panneau bleu qu’on voit dans le film, après celui de Mulholland Dr., au générique. C’est la couleur des panneaux de toutes les rues de Los Angeles, et c’est aussi le même bleu que celui de la boîte qu’ouvre Betty dans ses appartements. Sur cette photo, vous pouvez voir le hors champ. Là où Rita traverse et à gauche, la photo que j’ai prise: presque rien n’a bougé. Pas de nouvelles constructions, ni de nouveaux immeubles. La majorité des appartements datent des années cinquante. 

Maintenant, pour rejoindre Mulholland Dr depuis cet endroit – d’où vient Rita, il faut prendre Runyon Canyon Road et remonter vers l’Est. Environ trente minutes de marche de plus à ajouter au compteur de Rita. Là-haut, vous trouverez l’emplacement de la limousine accidentée. Trente minutes auxquelles il faudra bien sûr ajouter deux heures pour se rendre au 1612 Heavenhurst. L’adresse que donne Betty au chauffeur de taxi. Une adresse inventée, qui sonne comme «Heaven Earth»: paradis sur terre. 

J’ai pris quelques photos pour comparer. Je voulais voir ce que ça donnait, et analyser la manière dont l’éclairage prend le pouvoir à un certain moment. Vers 6h30, je décide de retourner à mon hôtel. En prenant à gauche sur le trottoir, comme le fait Laura Harring, je reste fidèle au poste. Arrivé au bout, je me retourne pour contempler une dernière fois Vista Street. La rue a l’air plus petite que dans le film. Forcément, le plan de l’autre côté provient d’un zoom. ll y a un «mood» presque spirituel qui s’en dégage. Je repense à l’adresse que donne Betty: Heaven Earth. Quelle belle trouvaille, car «hurst» renvoie à une zone boisée en vieux anglais. West Hollywood, et la région de Los Angeles en général, sont des terres très boisées, mais aussi, et surtout, très spirituelles. C’est plus tard pendant le séjour que je l’ai compris. En buvant un café avec Jean-Jacky Goldberg la semaine suivante, il me fit remarquer que la grande tour qu’on voyait depuis la terrasse, et que je pensais être l’antenne de KTLA (la chaîne d’information locale), était en réalité la tour radiophonique et télévisuelle de Scientology Network. On la voyait bien depuis le Dinosaur Coffee, sur Sunset. Elle scintillait dans la nuit tombante, bien positionnée, prête à éclairer de son humeur eschatologique les plus sombres des esprits. Elle est également placée au centre des opérations du show-business, comme un doublon de l’antenne de la RKO. La plus ancienne des sociétés américaines indépendantes de production de films de cinéma, dont l’enseigne symbolise une tour. Leurs logos sont d’ailleurs étrangement semblables.

Dans ce contexte, la méditation transcendantale de David Lynch, aussi douteuse et sectaire puisse-t-elle paraître en Europe, prend tout son sens ici. Pour nous, c’est clairement une secte. Il suffit de regarder les prix. À Los Angeles, c’est une «église» parmi tant d’autres. Ou plutôt, il s’agit d’une des multiples façons d’aborder le monde des idées. Dans cette ville où l’on peut trouver dans le même quartier: une église des saints des derniers jours, une synagogue, une mosquée et un temple de la Scientologie, tout est permis. Il n’y a aucune restriction. En écoutant les interviews de David Lynch attentivement, vous vous rendez compte que le «monde des idées»: «Ideas», comme il aime à dire, est vraiment le point central de sa pensée. Lynch stipule qu’il existe une zone d’où viennent les idées, et qu’il est possible de l’atteindre grâce à la méditation. Rien à voir avec le monde des essences platonicien, ou son opposé: celui de l’existentialisme. Selon David Lynch, les idées se révèlent en se concentrant sur elles. Et son meilleur exemple, qui prouve, selon lui, le bien-fondé de cette méthode, est bien sûr lié à Mulholland Drive. En effet, la méditation transcendantale lui a permis de réécrire le film en un temps record alors même qu’il était prévu d’en faire une série. Un spin-off de Twin Peaks, plus précisément. Après le refus de la chaine ABC, il ne savait pas quoi faire. Quand Studio Canal et Alain Sarde l’ont appelée pour lui donner le feu vert, il raconte avoir passé une nuit à méditer. A la suite de quoi, tous les éléments lui sont apparus, comme par magie. Il ne lui manquait plus qu’à piocher parmi les images du pilot de la série, déjà tournées en 1999, et de rappeler une partie de l’équipe, pour tourner le reste.

N’étant pas pratiquant, je ne sais pas dans quelle mesure la méditation transcendantale est responsable de ce génie. En revanche, ce que je sais, c’est que beaucoup d’artistes à Hollywood la pratique. Dans une autre interview, du média Frame Into Focus, David Lynch raconte qu’il a eu la chance de faire une méditation transcendantale avec le musicien Roy Orbison. Ce dernier n’avait pas aimé Blue Velvet à sa sortie. Sa chanson In Dreams faisait partie du film. Après plusieurs méditations, ainsi qu’une nouvelle vision du film en salle, il aurait changé d’avis, et avoué à David Lynch tout son amour pour le film.

7h00. Sur le chemin du retour, en observant les environs, je tombe sur une chaussure de femme, peut-être celle de Rita? Restée là depuis vingt ans? Je prends en photo l’objet. En me penchant vers l’avant pour bien la regarder, je remarque qu’une personne dans sa voiture se met à m’observer. Je range immédiatement mon appareil photo. Sait-on jamais. La personne me voit peut-être comme un vagabond. Quel est donc cet individu qui vient prendre des photos la nuit dans ce quartier résidentiel? Je me dis que je vais le saluer. La précaution est de mise. Je ne suis pas chez moi. Et je ne connais rien des coutumes locales. Dans ma tête, je prépare un discours pour justifier ma présence, en résumant tout le contenu précédent. Quand je tourne la tête pour le saluer, je me rends compte qu’il s’agit d’un mannequin de bois, assis sur le siège passager, avec le regard tourné vers la rue. Il porte une casquette à l’envers vissée sur la tête qui lui donne un petit coté humain. L’adrénaline est montée d’un seul coup. Le temps que je réalise, mon cœur battait à pleine vitesse. C’était un homme-mannequin-épouvantail resté dans la voiture pour effrayer les intrus.

Plus de peur que de mal. «No Hay Banda». Tout ceci n’est qu’une illusion. [Fin de la première partie, la suite bientôt]

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