Meet Her at the Love Parade, c’est ce single de house music que tout le monde connait, ravivé à toutes les sauces, mais totalement indissociable de son époque d’avant-bug-de-l-an-2000. Ce morceau est composé et interprété par le DJ allemand Da Hool (Frank Tomiczek, de son vrai nom) qui avait commencé dès 1994 sous le pseudo de DJ Hooligan. Sorti en août 1997, ce premier extrait de l’album Here Comes Da Hool fait jusque dans son titre référence à la Love Parade, festival de musique électronique à Berlin en Allemagne, alors en pleine ascension culturelle. Il témoigne d’une autre époque, celle du Berlin de la fin des années 90 avant que ce monstre touristique et commercial de carnaval aux cinquante perde quelque peu sa dimension artisanale.
Initiée par un musicien punk quand la culture alternative, cette mouvance était synonyme de guérilla urbaine, à savoir Dr Motte, branché pacifisme techno et pourvoyeur de la bande-son de l’euphorie réunificatrice. Tout est parti d’une forme de slogan politique pour s’offrir une fête en plein air: «Paix, bonheur et crêpes», traduit par «Bannissons les armes (paix), communiquons grâce à la musique (bonheur), donnons à manger à l’humanité (crêpes)». Cent cinquante personnes suivent deux camions sonorisés sur Kurfürstendamm, quelques semaines avant la chute du mur. À cette chute correspond la révolution techno. Succès énorme. La Love Parade du 12 juillet 1997, qui précède la sortie du titre de Da Hool, avait rassemblé un million de personnes dans les rues de la capitale allemande.
N’empêche que cette mouvance-là faisait rêver en France, elle donnait envie de fête et de danse. Et ça n’a pas trainé: la technoparade voit le jour en 1998 à Paris, créé par Jack Lang puis reprise par l’association Technopol afin de promouvoir et populariser la culture électronique. Comme vous pouvez le voir dans la vidéo ci-dessous, le vidéoclip, réalisé par Nikolas Mann et sorti à la mi-1997, se révèle grandement influencé par un autre vidéoclip réalisé en 1993 par le Français Stéphane Sednaoui pour Big Time Sensuality, de Björk.



