[CRITIQUE] VERONICA de Paco Plaza

Pas si mal. À Madrid, après avoir participé à une séance de spiritisme avec ses amies, une jeune fille est assaillie par des créatures surnaturelles qui menacent de s’en prendre à sa famille. Le seul cas d’activité paranormale officiellement reconnu par la police espagnole.

Paco Plaza 1 – Jaume Balaguero 0. Honnêtement, on n’attendait plus grand-chose de Paco Plaza, auteur de deux films marquants (Les enfants d’Abraham et [REC]) et de sacrées bouses ([REC 3] avec sa mariée qui trimballe une tronçonneuse). Quand on découvre le synopsis de Veronica, on peut craindre la petite boutique des horreurs manufacturée pour un jeune public de multiplexes adepte de paranormales activités. Eh bien, oui et non en même temps. OK, Veronica ne mérite pas qu’on se relève la nuit, d’autant que sa structure en boucle (la fin ramène au début, tout en nous laissant promettre le pire alors que bof, on avait rapidement compris) réduit paradoxalement sa portée. Mais, agréable surprise, le résultat vaut mieux que toutes ces craintes liminaires. Si l’on s’en tient à la forme, elle est aussi clichetonneuse que efficace. S’il a recours à des effets visuels convenus et des ficelles horrifiques éculées, Plaza n’en soigne pas moins ses plans pour donner à croire que nous sommes bien en 1991 à Madrid, que nous partageons le point de vue d’une adolescente traumatisée (la Veronica cueillie par un monstre dans sa chambre) et réussit deux trois séquences de terreur pures comme cette nonne regardant Veronica par sa fenêtre (très brrrrr quand même), cette agression nocturne très Griffes de la nuit dans l’esprit ou encore cette séquence onirique à mi-parcours où la Veronica se fait becter par des enfants (ses frères et sœurs devenus cannibales). Quelques velléités de style qui s’expriment aux antipodes du politiquement correct actuel et qui vont à l’encontre de l’idée de formatage.
Derrière le registre archi-balisé du film d’exorcisme et le côté based on a true story, il n’est pas interdit de voir une réflexion plus profonde sur le cinéma de genre Ibérique en déclin. Il y a des références ouvertes de la part du cinéphile Plaza, comme la simple présence de Ana Torrent (L’esprit de la ruche, Tesis) qui a désormais l’âge d’être une mère inquiétante ou encore le visionnage ironique des Révoltés de l’an 2000 de Narciso Ibáñez Serrador! D’aucuns n’y verront que des clins d’œil voyants, on peut aussi y voir autre chose… Ne s’agit-il pas finalement de raconter, une fois de plus, comment un pays, en l’occurrence l’Espagne, vit encore et toujours avec ses propres démons, ses propres fantômes, ses propres lubies? Un filon qui ne s’épuise pas mais qui interroge. Et un point de vue qui rend soudain cette série B moins lisse que prévu.

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Date de sortie 24 janvier 2018 (1h 45min) / De Paco Plaza / Avec Sandra Escacena, Bruna González, Claudia Placer / Genre Epouvante-horreur/ Nationalité espagnol[CRITIQUE] VERONICA de Paco Plaza
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