Deux enfants se réveillent au milieu de la nuit pour découvrir que leurs parents ont disparu et que la maison s’est transformée en un labyrinthe cauchemardesque. Attendu en salles, The House (Skinamarink) sort directement cet été sur la plateforme Shadowz. Verdict chaos.
La nuit est tombée comme une chape de plomb. Tout le monde dort. La télé est probablement encore allumée dans le salon. Demain, il y a école peut-être. Et puis on se réveille, on tourne dans son lit, on se lève. Le foutu doute. La veilleuse tremblotante semble minuscule face aux ténèbres gourmandes, où chaque placard ouvert, chaque vêtement mal accroché, chaque reflet, pourraient cacher un spectre, un monstre, un homme. Et ce n’est rien comparé aux sons qu’on croit entendre, aux craquements, au rien du tout. Cette expérience de la nuit à hauteur d’enfants, transformant la maison la plus banale en antichambre de l’horreur, trouve enfin son illustration exacte avec Skinamarink. La petite sensation indé qui a galopé comme une araignée dans votre dos, petit machin bruité et sans équivalent dont le budget se révèle encore inférieur au déjà ultra-fauché Projet Blair Witch (15000 fucking dollars): allez savoir si celui-ci ouvrira une école malgré lui…
Avec le même champ lexical précédemment cité, ce premier long métrage, prolongation d’un court métrage nommé Hecc qui – hélas – disait déjà tout en un temps minime, plonge deux petits garçons dans une nuit sans fin, alors que les parents semblent s’être dérobés du foyer. Victime d’un leak qui aura été finalement bénéfique pour sa réputation, Skinamarink est pourtant dans sa totale entièreté ce qu’on pourrait considérer comme un pur film expérimental; ce que pas mal d’étourdis semblent avoir oublié de préciser. Le plus cyniquement du monde, on pourrait résumer l’objet à un film «de portes et de moquettes», ne filmant jamais frontalement ses comédiens, les faisant même chuchoter à loisir, et malaxant le temps et l’espace jusqu’à faire perdre tout repère notable. Nous aussi bien sûr, on se laisse bercer par ce qui pourrait s’apparenter au long, très long, cauchemar d’un gosse, mélange d’hallucination sans additifs et d’horreur douillette. Skinamarink effraie même, lorsqu’on se surprend à deviner des formes imaginaires, quand les ténèbres craquantes et granuleuses deviennent soudainement les nôtres. Mais le procédé s’étire à n’en plus finir, victime de son opacité et, in fine, de sa prétention. Vous êtes prévenus. J.M.
