Deux potes : Shaun et Ed s’enlisent dans leur quotidien morne. Le premier bosse ; le second est au chômage et passe son temps à boire des bières et à jouer aux jeux vidéo. Un jour, alors que tout semblait n’être qu’un éternel lendemain, le train-train quotidien de ces deux potes est bouleversé par l’invasion de zombies cannibales du genre pugnaces.
Les zombies de la trilogie de George Romero (dont La nuit des mort-vivants et Zombie – on attend le Land of the dead pour cet été) ont visiblement marqué les auteurs de cette parodie déjantée de films d’horreur. Malgré des rumeurs de direct-to-dvd, Shaun of the dead sort dans les salles hexagonales cet été, histoire de relever le niveau un rien faiblard des productions estivales ; et c’est une réussite aussi inattendue que totale. Les scènes d’introduction constituent une excellente mise en bouche : les personnages vivent déjà dans un monde de zombies sans qu’ils s’en rendent compte. Il leur suffit de prendre le bus pour observer les mines blafardes de leurs contemporains. Métaphore sociale ? Oui. Comme dans les œuvres inspiratrices et précitées.
Le réalisateur Edgar Wright a su tirer le parti maximal d’un script regorgeant de dialogues tuants et de gags clés en main. Les références pointues ne sont pas anodines (le restaurant où nos amis se réfugient se nomment le Fulci – les auteurs vont même jusqu’à utiliser le musique des Goblin, chère à Argento et Romero). Le film exploite les mêmes enjeux dramatiques qu’un film de zombie classique en rigolant des figures imposées (faut-il imiter la démarche des zombies pour avoir l’air zombie ?) sans verser dans le cynisme crapoteux d’un Craven, en affichant au contraire un amour infini pour le genre.
De la première image à sa dernière, Shaun of the dead séduit sans peine et ridiculise la concurrence par son humour dévastateur et ses idées réjouissantes. Accessoirement, il répond à la menace zombie par une alternative audacieuse et roborative qui sert de plan final. Preuve qu’au-delà de la simple parodie de films de zombies, il s’agit avant tout d’un film de potes.

