[CRITIQUE] NOS ÂMES D’ENFANTS de Mike Mills

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Radio star. Un journaliste radio interroge des jeunes à travers le pays sur leur vision du futur. Une crise familiale vient soudain bouleverser sa vie: sa sœur, dont il n’est pas très proche, lui demande de s’occuper de son fils. L’homme accepte de le faire, mais n’a aucune expérience de l’éducation d’un enfant. Entre les deux débute pourtant une relation faite de quotidien, d’angoisses, d’espoirs et de partage qui changera leur vision du monde.

Complètement glucose. À quoi reconnait-on un bon acteur? Réponse: à sa capacité à nous faire avaler à-peu-près n’importe quoi. Merci donc à Joaquin Phoenix de prouver une fois encore qu’il est excellent dans ce nanar sirupeux de 1h48 qui aimerait réciter Alice dans les villes (Wim Wenders, 1973) et ne réussit qu’à donner des envies de meurtre. Il arrive presque à rendre comestible cette rencontre tout sauf inattendue entre un célibataire endurci (Phoenix, donc) et l’enfant tête à claques de sa sœur (Woody Norman), construite sur le bon vieux refrain des antagonistes qui, soupir, finissent par se rapprocher. Comme pour donner de l’huile au moteur, Mike Mills juge bon de faire confiance aux dialogues par trop explicites: outre les conversations de l’oncle et le garçon de 9 ans sur la vie, le monde, les choses, les mortels…, il faut se fader des interviews d’adolescents projetant leurs espoirs pour l’avenir (alors qu’en corollaire, un monde ancien se meurt), assénées avec un art consommé de l’enfonçage de portes ouvertes. C’est beau comme une pub pour du parfum. Le reste n’est que situations vues et revues du cinéma indépendant US comme on ne pensait plus jamais en revoir. Le noir et blanc chichiteux (à part pour jouer à l’auteur-qui-pense, on ne voit pas) ajoute à l’outrecuidance du réalisateur qui, sous couvert de faire un film indé gentil, ne peut masquer ni la vacuité ni la mièvrerie du propos de son (très) long métrage. A.V.

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