Anthologie du film con. Une mystérieuse force a propulsé la Lune hors de son orbite et la précipite vers la Terre. L’impact aura lieu dans quelques semaines, impliquant l’anéantissement de toute vie sur notre planète. Repartons pour un tour dans le cinéma-fantôme de Roland Emmerich, roi de la superproduction catastrophe décérébré (Independance Day en 1996, Le Jour d’Après en 2004, 2012 en 2009) qui continue de faire joujou avec la pyrotechnie et de griller nos neurones restants dans ce blockbuster qui a au moins pour lui le mérite de l’humour. Exactement dans la même veine que Independance Day: Resurgence (2016), Roland fait des effets tellement spéciaux qu’ils perdent toute crédibilité aux yeux du spectateur qui du coup s’en bat rapidement l’œil: encore plus d’explosion et de pyrotechnie pour une absence totale de croyance (c’est mal) mais beaucoup de recul et de dérision sur la recette. Bon, on est loin de l’ironie de Don’t Look Up d’Adam McKay, mis en ligne sur Netflix mi-décembre qui a nourri les débats sur le déni du changement climatique, mais Roland n’est pas là pour les alimenter: il ne cherche qu’à suivre un maigre fil conducteur et raconter avec une fausse innocuité l’histoire d’une ex-astronaute travaillant à la Nasa (Halle Berry, sympathiquement mauvaise) qui tente une mission impossible pour sauver la Terre, menacée d’anéantissement par… la chute de la Lune. La lose, d’autant que ses deux seuls alliés dans cette mission-suicide: un astronaute qu’elle a connu par le passé (Patrick Wilson, aussi monolithique qu’un monolithe) et un adepte de la théorie du complot (John Bradley, la touche mdr). Vous n’avez pas vu le film mais vous l’avez déjà vu: les Américains veulent sauver le monde, le couple est ressoudé par l’imminence de la catastrophe, les valeurs familiales portées au pinacle quand tout le reste s’effondre, le chien dont on ne sait pas s’il va survivre, les généraux aux visages plus impassibles que celui de Michèle Alliot-Marie et qui veulent désintégrer la menace – ici la Lune – avec de gros missiles… A.V.
