[CRITIQUE] MISS PEREGRINE ET LES ENFANTS PARTICULIERS de Tim Burton

Bienvenue chez les freaks. À la mort de son grand-père, Jacob découvre les indices et l’existence d’un monde mystérieux qui le mène dans un lieu magique : la Maison de Miss Peregrine pour Enfants Particuliers. Mais le mystère et le danger s’amplifient quand il apprend à connaître les résidents, leurs étranges pouvoirs … et leurs puissants ennemis. Finalement, Jacob découvre que seule sa propre « particularité » peut sauver ses nouveaux amis.

Qu’est donc notre Tim Burton devenu? C’est la question que l’on se pose à la fin de la projection de ce Miss Peregrine et les enfants particuliers. Si on devait résumer ce que l’on a vu sur deux heures vingt, on dirait qu’il s’agit d’un savoureux chewing-gum de l’œil où Burton se fait manifestement plaisir et cette réelle jubilation n’a pas toujours été là dans ses derniers longs métrages. Avec son amour immodéré du cinéma de la marge, il se livre à de nombreuses autocitations (beaucoup de Edward aux mains d’argent et de Big Fish) comme à de nombreuses citations, de Jason et les Argonautes (Don Chaffey, 1963) à Freaks (Todd Browning, 1933) en passant par L’échine du diable (Guillermo Del Toro, 2002). Les ronchons diront qu’il n’y a rien d’inédit à se mettre sous la dent. Certes, mais il est assez sot de ne pas se réjouir lorsqu’il y a du plaisir évident à l’ouvrage et au visionnage. Peut-être parce que, d’une part, c’est un peu fini les conneries (la lamentable adaptation de Alice au pays des merveillesavec des effets spéciaux hideux et Johnny Depp dansant avec les animaux en guise de conclusion) et d’une autre, Tim Burton, adaptant sur ce coup un roman pour enfants signé Ransom Riggs parfaitement en phase avec son univers, filme très amoureusement Eva Green, une seconde fois après Dark Shadows. Faut dire qu’on le comprend, Tim: dans le genre belle-bizarre, Eva est géniale en Mary Poppins weirdo, capable de remonter le temps avec une montre, de se battre avec un Samuel L. Jackson sous ecsta, de se transmuer en oiseau bleu. Et donc capable de nous faire croire en la totale invraisemblance de ce joyeux bordel qui même, par intermittences, peut se targuer d’être génialement n’importe quoi. On rit assez franchement en imaginant le réalisateur de Mars Attacks expliquer calmement à des mecs en costards-cravates asservissant Hollywood au nivellement par le bas, à la grimace facile et à un formatage des plus regrettable, une scène où des monstres, au moment de traquer des enfants difformes, vont se bastonner avec des squelettes dans un Freak Show, le tout à l’intérieur d’un paradoxe temporel. Jamais dans une hystérie Gilliamesque, plus fidèle à son thème de la marginalité que dans la caricature bégayante de son style, Tim Burton utilise son super-pouvoir pour raconter un anti-film de super-héros qui, en dépit d’une croyance un poil émoussée et d’une fin assez ratée, revigore à une heure où l’on ne jure que par les vertueux sauveurs du monde chiants comme la pluie.

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Date de sortie 5 octobre 2016 (2h 07min) / De Tim Burton / Avec Eva Green, Asa Butterfield, Samuel L. Jackson / Genres Aventure, Famille, Fantastique / Nationalités Américain, Belge, Britannique[CRITIQUE] MISS PEREGRINE ET LES ENFANTS PARTICULIERS de Tim Burton
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