[CRITIQUE] DON’T BREATHE – LA MAISON DES TÉNÈBRES de Fede Alvarez

Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois. Trois adolescents planifient un braquage. Leur objectif : dérober la fortune d’un aveugle. Mais une fois sur place, rien ne se passe comme prévu…

Attention chien méchant. Auparavant, le réalisateur Uruguayen Fede Alvarez avait osé le sacrilège ultime: manufacturer un remake de Evil Dead (Sam Raimi, 1981) pour une nouvelle génération en explosant de sang la gueule des plus jeunes spectateurs qui n’avaient pas souvenir d’un divertissement aussi gore dans une salle de cinéma depuis longtemps – depuis que l’on interdit les films de genre en salles, en vrai. Ce que l’on oublie de dire à son sujet, c’est à quel point il ne s’agissait que de vaine surenchère. Pas assez en tout cas pour outrager qui que ce soit. Avec Don’t breathe, Alvarez, toujours accompagné du scénariste Rodolfo Sayagues et du producteur Sam Raimi, confirme qu’il ne fait pas les choses à moitié, exploitant les décors sinistrés de Detroit, ayant déjà fantastiquement servi ces dernières années, de It Follows à Only Lovers Left Alive. L’enjeu présentement consiste à précipiter trois jeunes cambrioleurs désœuvrés dans la baraque craquelante d’un vétéran aveugle en possession d’une appétissante somme d’argent et de jouer des rapports de force pendant une bonne heure trente. Dans un premier temps, il s’agit de bousculer les conventions un peu plan-plan du home invasion pour lorgner vers un survival hardcore où la maison devient une porte des ténèbres, truffée de pièges et de surprises. Un plan-séquence se chargera de calmer les plus réticents tout en incitant à voir au-delà de la prouesse technique. Que ce soit dans un sous-sol – tout le monde le dit mais c’est vrai, on pense au Sous-sol de la peur de Wes Craven – ou dans un conduit d’aération, c’est la promesse de beaucoup de temps non perdu et c’est pour cette raison que le public américain lui a réservé un accueil triomphal (près de 90 millions de dollars de recettes pour un budget dix fois moins élevé). Entraînant de concert le spectateur et ses protagonistes au sein d’un implacable cauchemar, Fede Alvarez y confirme son impérial savoir-faire qui, peut-être, un jour, se transformera en génie. Mais il ne suscite jamais ce que l’on pourrait attendre d’une telle expérience prompte à exploser le trouillomètre: un sentiment d’horreur viscérale, dont il est si difficile de se défaire.

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Date de sortie 5 octobre 2016 (1h 28min) / De Fede Alvarez / Avec Stephen Lang, Jane Levy, Dylan Minnette / Genres Epouvante-horreur, Thriller / Nationalité Américain[CRITIQUE] DON’T BREATHE – LA MAISON DES TÉNÈBRES de Fede Alvarez