Longtemps, il est resté dans l’ombre de Scorsese, fidèle scénariste de Taxi Driver à Raging Bull. À 76 ans, Paul Schrader acquiert enfin l’aura d’un grand cinéaste. Mais à la dernière Mostra de Venise, où il a reçu un Lion d’or d’honneur pour l’ensemble de sa carrière. Sa maladie, qui n’a pas été identifiée précisément, les médecins ne sachant lui dire s’il s’agissait d’une pathologie cardiaque ou respiratoire, s’est déclenchée quelques mois plus tôt, alors qu’il finissait son dernier film, Master Gardener. Comme souvent dans les films du réalisateur américain de The Card Counter, il est question d’hommes hantés par les fautes de leur passé, de violence, de paternité et d’une rédemption impossible. Le film raconte l’histoire d’un jardinier au passé obscur et extrêmement sombre, pris dans un triangle amoureux, sur fond de tensions raciales. Si Master Gardener reprend des thèmes classiques, Schrader pense que la question raciale, qui émerge au fur et à mesure dans le film avec un personnage qui tente de surmonter son passé de néo-nazi sans en effacer toutes les traces, peut être brûlante aujourd’hui, « dans notre ère woke où tout est jugé en fonction de qui pourrait être offensé ». Ses trois derniers films (Sur le chemin de la rédemption en 2017, The Card Counter en 2021 et celui-ci) semblent indissociables avec leurs personnages cherchant la rédemption, au point qu’on pourrait y voir une trilogie. Il sortira dans les salles françaises le 12 juillet.
