[CRITIQUE] MAD LOVE IN NEW YORK des Safdie bros

Nouar c’est nouar. Harley, jeune SDF qui erre dans les rues de New York, fait la manche pour obtenir de quoi acheter sa dose. Car Harley a une addiction à l’héroïne. Elle est tout autant dépendante de son amoureux Ilya, toxicomane lui aussi et qui exerce sur elle une attraction malsaine. Pour lui prouver son amour, Harley est prête à tout, même à s’ouvrir les veines. Après une tentative de suicide ratée, la jeune femme finit par s’éloigner de lui, reprend son quotidien tragique dans l’hostile mégalopole new-yorkaise et tente de survivre sans son grand amour destructeur…

New York I Love You But You’re Bringing Me Down. Il y a bien du chaos dans le cinéma des Safdie bros, ces chantres du «mumblecore». «Chaos» au sens le plus romantique qui soit. Du «chaos noir», du «chaos bien pour nous». Si, de toute évidence, ce Mad Love in New York ne constitue pas le film le plus optimiste des deux frères, il charrie autant de noirceur que de grâce dans sa description d’un monde chaotique des junkies new-yorkais, en racontant l’histoire vraie de l’actrice Arielle Holmes. Qui joue son double fictionnel (Harley). Les Safdie, avec la bienveillance et la compassion nécessaires, la filment comme une étoile filante, de la famille des Gena Rowlands période Gloria, Karen Blake voire Barbara Loden. Rien à voir donc avec ce que n’importe qui peut légitimement redouter, à savoir une litanie de clichés et lieux communs jetée en pâture à l’Amérique puritaine. De ce cinéma-là, sourdent des bouffées de désespoir et d’amour mêlés qui nous touchent en plein cœur.

On ne manquera pas de s’évoquer Panique à Needle Park (Jerry Schatzberg, 1971) avec Al Pacino et Kitty Winn qui racontait autant une charmante histoire d’amour que l’enfer de la toxicomanie. Mais on ne sent pas la volonté de se complaire dans une radicalité sombre. Ce qui, en plus, donne à penser que le cinéma des Sadfie en plein affranchissement – leurs précédents longs étaient passionnants mais trop appliqués, trop dans la veine post-Cassavetes déjà trop creusée. Ici, on s’en éloigne même si on en retrouve les qualités. On vantera ici le surpassement, l’amour et la violence, l’ennoblissement du réel, la sobriété des moyens et ce en dépit de quelques anicroches trasho-chic qui nous sortent un peu. La vraie bonne et belle surprise, c’est la révélation d’une actrice, une tornade du nom de Arielle Holmes que l’on n’oubliera pas et qui, on espère, confirmera toutes les promesses (elle sera face à Shia LaBeouf dans American Honey de Andrea Arnold).

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